Importation de véhicules d’occasion : Pas une nécessité (Yaddadene)

Importation de véhicules d’occasion : Pas une nécessité (Yaddadene)

Dans cet entretien, l’expert du domaine de l’automobile Mohamed Yaddadene revient sur la problématique de l’importation des véhicules d’occasion. Selon lui, les Algériens ont plutôt besoin de véhicules neufs importés ou montés localement.

Algérie Eco : L’importation de véhicules de moins de trois ans fait toujours polémique. La Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN) a proposé, mercredi, dans son rapport préliminaire sur le Projet de loi de finances (PLF) 2020, l’extension de la mesure relative à l’importation des véhicules de moins de 3 ans aux véhicule à motorisation diesel. Est-ce faisable?

Yaddadene : D’abord, le retour aux importations de véhicules d’occasion de moins de trois ans n’est pas une nécessité. Les algériens ont besoin de véhicules neufs importés ou montés localement. Les pays européens sont en train de remettre en cause la production de véhicules diesel pour s’orienter vers les énergies propres en adéquation avec la politique de protection de l’environnement. C’est dommage pour notre marché et notre économique qu’on soit encore à débattre de ce choix car pour ma part, je pense qu’importer des véhicules d’occasion n’est pas un bon choix. On va aller vers la relance d’un business non structuré. Il ya beaucoup à faire sur le marché localement de l’occasion qui a besoin d’être structuré et encadré via un cahier des charges adaptés qui va réglementer toute l’activité VO. Pour l’option diesel, au point où on en est cela s’explique par l’indifférence envers la protection de l’environnement afin de satisfaire une population qui d’ailleurs ne se pose même pas de questions sur l’utilité de ces mesures.

Quel est l’impact de cette décision sur le marché noir de devises ?

Cela va relancer le marché noir  avec des risques de voir les taux grimper d’avantage mais sachant que cela va profiter aux introduits dans ce business avec de l’autre côté de la rive des garagistes qui commencent à se frotter les mains.

Les clients algériens vont subir toutes les incidences de surcoût engendrés par ces importations, les véhicules de moins de trois ans importés vont coûter plus chers que ceux montés localement.

Depuis la crise politique, la crise s’est installée également dans le secteur de l’industrie automobile. Quelle solution pour y faire face?

C’est le résultat d’une absence de vision stratégique au moment de la mise en œuvre du cahier des charges sur le montage locale, en effet la crise s’intensifie d’avantage avec la conjoncture actuelle et cela continuera de durer, n’oubliez pas que tous les patrons sont hors-circuit C’est pour cela que la solution ne se trouve en aucun cas dans l’importation des véhicules d’occasion , ni de montage  sans  l’intégration locale mais d’avantage dans des choix stratégiques auxquels il faudra associer et impliquer les constructeurs eux même dans les choix, tout en revoyant la politique industrielle envers les PME et PMI pour favoriser l’activité d’intégration.

Entretien réalisé par Imène A.

Bessa, Résidence la Pinède