Ministère de la Justice : « Les magistrats grévistes ont insulté leurs collègues à Oran »

Magistrats- Ministère de la Justice :

Le directeur général des affaires judiciaires et juridiques du ministère de la Justice, Abdelhafid Djarir, est revenu, ce lundi, sur ce qui s’est passé hier au niveau de la Cour de Justice d’Oran, où des magistrats ont été réprimés par les forces anti-émeutes de la gendarmerie.

S’exprimant sur les ondes de la Chaîne I de la radio nationale, Djarir a indiqué, à propos de la vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux et les médias, montrant l’assaut des forces anti-émeutes de la gendarmerie nationale à la Cour d’Oran, que, le ministère était en train de recueillir des informations pour éluder ce qui s’était passé au sein de cette Cour de Justice, ajoutant que, selon les premiers éléments d’informations, un groupe de juges a empêché leurs collègues d’entrer à l’audience.

« Cela ne serait pas arrivé, si les juges avaient fait preuve de sagesse. De quel droit, Monsieur le Juge, empêchez-vous votre collègue de rejoindre l’audience afin de prononcer le report ou de l’insulter ? », a déclaré le représentant du département de Belkacem Zeghmati.

Le même responsable a fait savoir que le ministère a reçu plusieurs plaintes de juges qui avaient déclaré avoir été insultés par leurs collègues (par leurs noms et prénoms), simplement, parce qu’ils avaient accepté le mouvement dans le corps des magistrats et refusé de faire grève.

Djarir a appelé les magistrats à la raison, car ces actes, a-t-il ajouté, ont « fortement porté atteinte au caractère sacré du système judiciaire ».

« Une protestation qui n’a aucune explication »

Regrettant la situation à laquelle a conduit le mouvement dans le corps des juges, il a qualifié ce dernier de « normal » et que « le ministre de la Justice avait la bonne volonté lorsqu’il a approuvé ce mouvement, en informant le Syndicat des juges de sa vision de l’opération, bien que le syndicat n’ait aucun rôle juridique à jouer dans la préparation de ce mouvement, du moment que, cela relève exclusivement des prérogatives du Conseil supérieur de magistrature (CSM) », a-t-il expliqué.

Le représentant du ministère de a Justice a indiqué que le mouvement de protestation des magistrats n’a aucune explication, ajoutant que, personne au ministère de la Justice n’est contre le travail syndical. « La revendication des droits, doit se faire de façon civilisée, pacifique et conformément à la loi », parce que, a-t-il poursuivi, « paralyser tous le secteur judicaire aura de graves répercussions » et qu' »il n’est en aucun cas permis de suspendre le service public car il est ici pour servir le citoyen ».

Il a indiqué que, le ministre de la Justice avait reçu les membres du Syndicat national des magistrats (SNM) les 8 et 18 septembre pour étudier leurs revendications, qui visaient principalement à améliorer les conditions de travail matérielles et à réviser le décret présidentiel portant profession du magistrat et les modalités de paiement de leurs salaires, estimant que ces revendications sont « légitimes » puisque dix années sont passées depuis la promulgation du décret (2008). « Il a été convenu de créer un groupe de travail avec la participation des membres du syndicat pour étudier la question des salaires et indemnités des juges », a précisé sur les ondes de la Chaîne I de la radio nationale.

À ce propos, Djarir a ajouté que, qu’après deux réunions les 7 et 13 octobre, le groupe de travail avait finalisé la modification de ce décret. « Nous nous attendions à ce que le président du syndicat des magistrats informe des résultats de ces deux réunions et du rythme dans lequel se sont déroulées, sachant que ces augmentations ont pris effet rétroactivement à compter 1er janvier 2018. « Nous avons été surpris de constater que de nombreux juges n’étaient pas informés du résultat de ces réunions, de la valeur des bonus approuvés et des autres avantages », a-t-il déclaré

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