Mebtoul recommande de reporter les réformes après les présidentielles

Afin d’éviter de vives  tensions sociales du fait des impacts  stratégiques, il faut reporter la réforme de la loi des hydrocarbures et des caisses de retraite après l’élection présidentielle. C’est ce que propose le professeur Abderrahmane Mebtoul.

Pour lui, ces deux lois doivent s’inscrire dans  le cadre d’une vision stratégique globale. Le professeur estime que l’objectif stratégique passe par la mise  en place  d’une économie  productive dans le cadre des nouvelles valeurs internationales (bonne gouvernance, valorisation du savoir, compétitivité ) en évitant  de vivre de l’illusion de la rente éternelle des hydrocarbures  et de penser qu’une loi peut résoudre le problème des caisses de retraite ou le développement sans une  réelle volonté politique de mener à bien les réformes structurelles qui accusent des décennies de retard.

Alors  qu’il s’agit, pour lui, de revoir toute la politique économique de lutter contre le gaspillage, la corruption les surcoûts de projets et d’intégrer intelligemment la sphère informelle,  afin d‘éviter de faire supporter le fardeau sur les couches les plus défavorisées et en pénalisant les activités productives.

Des dossiers très sensibles que seul un pouvoir légitime peut mener

Dans ce contexte politique particulier à l’Algérie qui traverse une très grave crise politique, poursuit-il, et devant privilégier la stabilité  et la sécurité du pays, il faut éviter d’accroître encore la pression sur l’ANP et les forces de sécurité qui ont d’autres missions importantes,  il est souhaitable d’ajourner tant l’avant projet de loi sur les hydrocarbures que la discussion sur le projet de la réforme des  caisses de retraites, qui doivent être unifiées,  en intégrant le régime de retraite des hauts cadres de l’État,  pour plus de justice sociale.

« Ceux sont des dossiers très sensibles, que seul un pouvoir légitime peut mener, avec  l’adhésion de la population grâce à une communication transparente,  afin d ‘éviter  accroître les remous sociaux et influer négativement sur le  taux de participation à l’élection présidentielle.  Car, les impacts positifs, sous réserve d’une vision stratégique, de ces deux dossiers, qui doivent s’insérer dans le cadre d’une nouvelle réforme  globale, conciliant efficacité économique et justice sociale, sans démagogie et avec réalisme, ne se feront pas  avant trois à quatre années, qu’il s’agira de réformer  après l’élection présidentielle, (devant être inscrites dans le programme des candidats) , dont la réussite doit constituer l’objectif numéro 1, sous réserve qu’elle soit transparente », estime M. Mebtoul.

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