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Sommet de Sotchi: Les russes veulent reprendre leur place de partenaire privilégié en Afrique

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Un sommet inédit regroupant autour du président russe Vladimir Poutine, pas moins, de 54 chefs d’État et de gouvernements africains, se teint présentement à Sotchi au bord de la mer Noire en Crimée. L’Algérie est représentée par le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah.

Cette importante rencontre vise à remettre sur rails la coopération massive et multiforme qui prévalait au temps de l’Union Soviétique. Ce sommet signe, en quelques sortes, le « grand retour » de la Russie sur le continent africain qu’elle avait déserté au début des années 90 qui correspond à l’avènement de la Pérestroïka qui provoqua, comme on le sait,  l’éclatement du bloc soviétique en plusieurs entités indépendantes, parmi lesquelles la Fédération de Russie, organisatrice du présent sommet.

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En dépit de la perte d’influence sur les pays du tiers monde dont, plus de la moitié est africaine, la Russie a en effet toujours gardé son aura auprès d’eux, du fait que beaucoup de leurs élites politiques et militaires furent formées dans les grandes écoles soviétiques. Beaucoup de généraux, comme c’est le cas en Algérie, en Syrie, Libye, Egypte, Soudan, Mozambique, Angola, Ethiopie et autres, parlent couramment le russe et continuent à entretenir des relations avec des camarades qui vivent les diverses république de la Fédération. Malgré vingt années de retrait, bon nombre de pays africains rêvent toujours d’une reprise des relations avec cette grande nation qui les avait beaucoup aidés à se libérer du joug colonial. Vladimir Poutine semble l’avoir bien compris et, c’est précisément, ce qui explique ce retour diplomatique spectaculaire vers l’Afrique. En faisant valoir son passé anti colonial et le principe du respect de la souveraineté des États, il compte séduire  les dirigeants et hommes d’affaires africains, afin qu’ils accordent à la Russie des marchés et des relais diplomatiques et stratégiques, comme au bon vieux temps de l’Union Soviétique.

L’Afrique, tout comme la Russie, d’il y a vingt ans, ne sont évidemment pas les mêmes que celles d’aujourd’hui. Beaucoup de choses ont changées. La fédération de Russie issue de l’éclatement du bloc soviétique a en effet connu de longues années de crise qu’elle a heureusement pu surmonter sous la conduite de Vladimir Poutine qui en a fait une puissance, qui pèse lourd sur l’échiquier international. Les africains n’ont, de leur coté, pas perdu de temps, puisque nombreux sont les états qui ont réussi à prendre leur développement économique en mains et pour certains, réalisé des progrès considérables.

Par ailleurs, l’Afrique n’est plus la chasse gardée des anciens colonisateurs qui, certes, réalisent aujourd’hui encore dix à quinze fois plus de chiffres affaires que la Russie, mais qui commencent à être sérieusement concurrencés par de puissantes nations. De grands pays, à l’instar de la Chine et des États-Unis d’Amérique, ont en effet profité du long retrait des russes, pour prendre pieds dans ce vaste continent qui offre une multitude d’avantages, allant d’une profusion de ressources naturelles, à la présence de marchés de plusieurs millions de consommateurs. C’est dire l’importance des enjeux sur lesquels se focalisent, non seulement, les pays qui avaient colonisés le continent, mais aussi, de grandes puissances, parmi lesquelles, cette Russie, plus que jamais déterminée, à reprendre sa place de partenaire privilégié. Les vingt milliards de dollars d’échange commerciaux comptabilisés aujourd’hui paraissent en effet bien dérisoires, au regard des richesses que elle pourrait tirer du gigantesque potentiel économique africain.. Pour se tailler une place de choix parmi ses concurrents, la Russie de Poutine compte jouer la carte de la coopération équilibrée. Contrairement à la Chine qui a développé ses relations économique  avec l’Afrique sur la base de facilités d’octrois de crédits, Moscou propose, au contraire, une politique d’effacement ou de conversions des lourdes dettes héritées de l’époque soviétique.

Au cœur de cette offensive en Afrique il y a, on l’a compris, les ventes d’armes et de céréales, mais aussi, les hydrocarbures et l’exploitation minière. En ces temps où un certain nombre de gouvernants africains sont contestés par leurs peuples, il est à craindre que les dictateurs en proies aux contestations, soient tentés de faciliter aux russes l’accès aux marchés africains, pour peu, que les russes promettent de les a protéger des frondes populaires et des ingérences étrangères. Soutenir ouvertement ou, fermer pernicieusement les yeux sur les dépassements commis par ces dictateurs, pourraient effectivement valoir aux russes d’importants marchés, à titre de reconnaissance.

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