La croissance de la Chine durablement aggravée par la guerre commerciale, dixit le FMI

La seconde économie mondiale devrait voir son PIB progresser de 6,1% cette année et de 5,8% l’an prochain, indique le FMI dans ses prévisions mondiales semestrielles. Les précédentes prévisions étaient respectivement sur 6,2% et 6%.

Le ralentissement est davantage prononcé pour Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine. Le PIB de la place financière ne devrait croître que de 0,3% cette année (contre 3% en 2018), après quatre mois de manifestations, parfois violentes, pour dénoncer la mainmise jugée grandissante de Pékin dans cette ex-colonie britannique.

 La guerre commerciale a créé une « incertitude qui dure » : En ce qui concerne la Chine continentale, la guerre commerciale qui empoisonne les relations entre Pékin et Washington se traduit depuis l’an dernier par des surtaxes douanières réciproques portant sur des centaines de milliards de dollars d’échanges annuels. Ce bras de fer a créé une « incertitude qui dure » et « nuit à l’investissement et à la croissance », relève l’institution basée à Washington, notant que « la demande de biens d’équipement », qui représente une part importante des échanges commerciaux, s’en trouve affectée. Le FMI relève toutefois que les mesures de soutien de Pékin à son économie ont permis de « contrer l’impact négatif » des surtaxes douanières américaines.

Des mesures pour relancer la locomotive : Le mois dernier, pour faciliter l’accès au crédit des micro, petites et moyennes entreprises – les plus dynamiques en termes d’emploi – la banque centrale chinoise a annoncé une baisse des dépôts que les banques sont obligées de garder dans leurs coffres. La mesure doit permettre d’injecter plus de liquidités dans l’économie. Des baisses de charges fiscales et sociales pour les particuliers et les entreprises sont également entrées en vigueur ces derniers mois. « Toute autre mesure de relance doit mettre l’accent sur les ménages à faible revenu, au détriment des grands projets d’infrastructure », préconise le Fonds monétaire international. Les grands travaux avaient permis à Pékin de stimuler son économie au moment de la crise financière de 2008-2009, mais au prix d’un fort endettement.

Des vulnérabilités financières depuis le plan de relance de 2008 : Au creux de la crise financière, Pékin avait lancé en 2008 un gigantesque plan de relance de 4.000 milliards de yuans (490 milliards d’euros) pour soutenir l’économie face à la morosité de la conjoncture mondiale. « Les vulnérabilités financières se sont accumulées pendant des années avec des taux d’intérêt bas », fait remarquer le FMI.

Le vieillissement de la population, facteur de ralentissement durable : Dans les prochaines années, la croissance en Chine devrait poursuivre son ralentissement du fait notamment du vieillissement de la population en âge de travailler, note l’institution. Son rythme de progression pourrait tomber à 5,5% d’ici 2024. La croissance chinoise est descendue l’an dernier à 6,6%, son score le plus faible depuis près de trois décennies.

Afp

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