Said Sadi : « Le chantage à l’ingérence est un piège mortel »

Saïd Sadi qualifie d’« usurpateurs » les 22 candidats à la Présidentielle

« Le chantage à l’ingérence est un piège mortel », a affirmé Saïd Sadi, dans une contribution intitulée « Ingérence et Souveraineté », publiée ce mardi 15 octobre 2019 sur sa page Facebook, expliquant que « l’ingérence c’est de quémander la caution de tiers pour bâillonner son peuple en livrant la patrie à la razzia ».

L’ancien président du RCD a indiqué que « l’hypothèque de la souveraineté économique nationale est commise par un pouvoir qui crie à l’ingérence à chaque fois qu’une instance internationale s’alarme d’une dérive autoritaire qui a transformé en quelques mois l’Algérie en bataillon disciplinaire ».

Il a rappelé, à ce propos, que « le chantage à l’ingérence n’est pas une nouveauté chez les pouvoirs autocratiques. Dans l’histoire post-coloniale, des dirigeants illégitimes ont souvent acheté le droit d’asservir leur peuple en faisant de lourdes concessions économiques ou en se soumettant à des alignements diplomatiques indignes d’Etats libres ».

Saïd Sadi estime que le pouvoir qui doit affronter une crise économique et sociale sans précédent « est imminente est réduit à vendre les bijoux de famille. A Alger, les citoyens ont encerclé le parlement, instance de validation de la corruption institutionnelle ».

Il convient de rappeler, à ce propos, les manifestations organisées dimanche dernier devant l’Assemblée populaire nationale (APN) pour dénoncer la loi sur les hydrocarbures qui devait être discutée lors du Conseil des ministres. De nombreux citoyens algériens avaient également manifesté devant les sièges locaux de Sonatrach, « mamelle de l’entretien d’un régime qui a vampirisé la nation », selon l’ancien leader du RCD, qui a rappelé que « des études concordantes concluent que depuis l’indépendance de l’Algérie, le système FLN a dépensé l’équivalent de quinze fois le coût du plan Marshall qui a permis de reconstruire une grande partie des pays de l’Europe de l’ouest ravagée par la seconde guerre mondiale ».

Chantage à l’ingérence et appels à la solidarité 

Le chantage à l’ingérence, leitmotiv des tenants du pouvoir, à chaque crise économique et sociale, a été le fils conducteur de la réflexion de Saïd Sadi, qui a souligné que « le piège du chantage à l’ingérence doit être rapidement désamorcé car l’Union européenne, minée par les nationalismes, peut encore se jouer du peuple algérien ».

Il a ajouté que « si d’autres formes de luttes ne viennent pas l’entraver au plus vite, les militaires sont bien décidés à imposer la programmation du processus mortifère du 12 décembre. Ils peuvent même se permettre le luxe de satisfaire à tous les standards de l’observation internationale, sachant que, cette fois, seuls des candidats potiches seront mis en circuit ».

Saïd Sadi estime que « les partenaires actuels ou à venir doivent savoir que le futur pouvoir ne sollicitera ni couverture ni protection ni condescendance. Il est révolu le temps où les tolérances des dictatures étaient monnayées par de scandaleux drainages de matières premières ou des sollicitations pour des missions de sous-traitances sécuritaires effectuées à bon marché ».

Il a rappelé les appels à la solidarité de la diaspora algérienne et d’organisations syndicales qui ont condamné  « des atteintes aux libertés fondamentales », citant des pays comme le Canada qui a affirmé son soutien à la révolution démocratique ou bien Ottawa qui a exprimé sa volonté de « traquer les despotes algériens qui orientent la fuite de leurs capitaux vers ses institutions financières ».

L’ancien président du RCD estime que « la révolution citoyenne qui a déjà perdu du temps en ne se donnant pas en temps et en heure les moyens de son organisation par la base doit maintenant se protéger d’une erreur stratégique fatale »,  expliquant que « rester seule face à un pouvoir qui ne se fixe plus aucune limite pour asphyxier le peuple pourrait mener à un douloureux désenchantement ».

MDI School