L’UA lance dimanche la phase opérationnelle de la Zone de libre-échange continentale

lancement officiel de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale
L’Union africaine réunie en sommet à Niamey va lancer dimanche la « phase opérationnelle » de la Zone de libre-échange continentale (Zlec), projet phare en vue de l’émancipation économique de l’Afrique.
 
Le sommet à Niamey va déterminer le pays choisi pour accueillir le secrétariat de la Zlec – le Ghana et eSwatini, entre autres, sont candidats -, mais « les négociations sur certains points très importants ne sont pas encore achevées », souligne, la directrice du Centre juridique sud-africain Tralac, spécialiste des questions commerciales, Trudi Hartzenberg
 
Elle évoque notamment le calendrier de l’abaissement des droits de douanes, attendu pour la mi-2020, les règles permettant d’établir qu’un produit a été fabriqué en Afrique (exemple: un t-shirt fabriqué au Cambodge et qui se voit apposer une broderie en Namibie ne pourra vraisemblablement pas porter le label « made in Namibia »?) ou encore les règles de concurrence entre pays et les mécanismes d’arbitrage.
 
La Zlec doit favoriser le commerce au sein du continent, attirer des investisseurs et permettre aux pays africains de s’émanciper de l’exploitation des matières premières.
 
L’UA estime que sa mise en oeuvre permettra d’augmenter de près de 60% d’ici à 2022 le commerce intra-africain, alors que les détracteurs du projet évoquent le manque de complémentarité des économies africaines et craignent que des importations bon marché ne sonnent le glas de certains petits producteurs agricoles et industriels.
 
Actuellement, seulement 16% du commerce des pays africains s’effectue avec d’autres pays du continent, et ce principalement au sein des groupes économiques régionaux tels que la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), la Cedeao (Communauté économique d’Afrique de l’Ouest) ou l’EAC (Communauté d’Afrique de l’Est). Le commerce intra-européen s’élève à quelque 65%.
 
« L’Afrique commerce avec le reste du monde, mais elle ne commerce pas avec elle-même », regrette Jakkie Cilliers, de l’Institut pour les études sur la sécurité, selon lequel « une zone de libre-échange est presque un prérequis à l’industrialisation ».
APS

Bessa, Résidence la Pinède