Le pétrole recule malgré l’accord de l’OPEP+

Le pétrole hier encore à la baisse, fragilisé par le coronavirus et les craintes pour la demande

Les prix du pétrole baissaient mardi en cours d’échanges européens, malgré le prolongement de l’accord de réduction de la production décidé par l’OPEP et ses alliés.

Vers 12H30 Gmt, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait 64,56 dollars à Londres, en baisse de 0,77% par rapport à la clôture de lundi. A New York, le baril américain de WTI pour livraison en août perdait 0,80% à 58,62 dollars. La veille, il avait dépassé les 60 dollars pendant plusieurs heures.

Sans surprise, les 14 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs dix pays partenaires ont reconduit mardi, pour neuf mois, leur accord de décembre dernier visant à réduire leur offre cumulée de 1,2 million de barils/jour par rapport à leur production d’octobre 2018. Cette extension jusqu’à mars 2020 intervient alors que les prix restent sous forte pression, entre une offre abondante alimentée par le boom du pétrole de schiste américain et une consommation mondiale en berne sur fond d’essoufflement économique.

Les 24 pays ont également approuvé à l’unanimité, malgré les récriminations de l’Iran, une « charte » pour pérenniser leur alliance à travers un mécanisme de « coopération permanente« . Les Russes et les Saoudiens s’étaient accordés dès ce week-end sur un prolongement de l’accord de réduction, ce qui avait temporairement porté les cours lundi. Mais « vu les derniers chiffres, c’était le minimum vital que pouvait faire l’OPEP pour empêcher un effondrement majeur des prix« , a estimé plus tôt dans la journée Tamas Varga, analyste pour PVM.

Citant des données de l’organisation, il a souligné que la hausse de la production des pays non membres avait dépassé l’augmentation modérée de la demande mondiale ces derniers mois. L’OPEP est, en effet, confrontée à une production américaine record dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale qui pèse sur la demande d’or noir. Et « avec des tensions commerciales qui vont probablement s’accroître d’ici à 2020, les calculs pourraient montrer que la baisse de la production ne va pas beaucoup tirer les prix vers le haut« , a souligné Michael Hewson, analyste pour CMC, malgré la récente trêve commerciale conclue entre les États-Unis et la Chine.

Les discussions sur un accord commercial entre les États-Unis et la Chine ont d’ailleurs repris, a affirmé lundi le président américain Donald Trump, qui a toutefois estimé que tout accord devrait « pencher » en faveur des États-Unis.

Afp

MDI Alger