Professeur Belmihoub : « la persistance de la crise politique affectera l’activité économique de manière directe ou indirecte »

professeur Belmihoub

« La persistance de la crise politique et son corollaire le mouvement populaire affecteront l’activité économique de manières directe ou indirecte », a affirmé le professeur Mohamed Cherif Belmihoub, dans un entretien accordé à l’Agence officielle publié ce mardi.

Il a indiqué que « de manière directe, nous allons assister à un ralentissement de l’activité économique en raison certainement des perturbations, comme annoncés plus haut, liés à des problèmes de financement ou de transactions bancaires, douaniers et administratifs dus essentiellement à des peurs en lien avec l’opération en cours sur la corruption ».

Le professeur Belmihoub a indiqué que « le domaine qui sera le plus affecté est celui de l’investissement (…). Déjà que l’investissement privé est relativement faible en Algérie, cette situation va encore le ralentir, c’est pourquoi il devient maintenant urgent, non pas d’organiser une élection présidentielle à la hussarde, mais de donner un signal fort quant à un horizon raisonnable pour organiser une véritable transition ».

Impact du mouvement populaire sur l’économie algérienne

Interrogé sur les conséquences du mouvement populaire sur l’économie algérienne, M. Belmihoub a indiqué, dans le même entretien, que « la situation économique du pays était déjà dégradée à la veille du mouvement populaire. Les expressions pacifiques du peuple sont à saluer, car dans ce genre de révolte contre les pratiques irresponsable et autoritaires, voir même mafieuses par certains aspects, les pertes économiques auraient été désastreuses ».

Il a rappelé que « les coûts des révoltes populaires sont à considérer dans trois domaines: dégâts matériels, essentiellement la destruction des équipements publics, impacts sur l’activité économiques induits par l’absentéisme, la baisse de la productivité, les perturbations dans les réseaux de transport et de communication », tout en s’interrogeant : « comment peut-on perdre un milliard de dollar à cause de quelques jours de grève dans le secteur public industriel lorsqu’on sait que tout le secteur industriel (public et privé) ne produit annuellement que 7 à 8 Mds de dollars? ».

Questionné sur le sort des partenariats entre des entreprises algériennes et étrangères, le professeur a souligné que « la nature du mouvement et sa durée à ce jour ne risquent pas de faire partir ces investissements, surtout que les pactes d’actionnaires mis en place définissent les conditions de sortie », selon le même média.

Il a ajouté que « le problème est réel lorsqu’il s’agit d’un partenariat en cours de négociation ou en exploration, dans ce cas, effectivement le montage du partenariat risque d’être retardé, redéfini avec des conditions plus sévères pour le partenaire algérien ou complètement abandonné ».

Bessa, Résidence la Pinède