Toufik Hasni sur le retard dans l’exploitation des énergies renouvelables : Il y un « lobby » qui cherche à accorder la primeur aux énergies fossiles

Énergie : L'Algérie représente moins de 2% de la production mondiale
Tewfik Hasni, consultant en énergie

Le consultant en transition énergétique, Toufik Hasni, a révélé, ce dimanche sur les ondes de radio nationale, qu’il existe un « lobby » qui cherche à accorder la primeur aux énergies fossiles, au détriment des énergies renouvelables.

Il en veut pour preuve la position de la Sonelgaz qui, selon lui, maintient une production d’électricité de 2.000 mégawatts/an tirée de l’exploitation de gaz, « pour respecter son contrat avec son fournisseur de turbines ».

L’origine des erreurs commises dans le domaine des énergies renouvelables et le retard dans leur exploitation, l’intervenant de l’émission de l’Invité de la Chaîne 3, la situe également dans l’absence d’une stratégie mûrement réfléchie dans le domaine pour aboutir à un mix énergétique.

Rappelant qu’à l’origine le programme de développement des énergies renouvelables prévoyait de produire 22.000 mégawatts, le consultant en transition énergétique, Toufik Hasni, signale que celui-ci s’est, pour des raisons inexpliquées, trouvé réduit à 4.000 mégawatts.

Il rappelle également que des 4.000 mégawatts, l’on est ensuite passé à 150 mégawatts, lesquels ne suscitant aucun intérêt de la part des investisseurs étrangers, s’en sont trouvés confiés à des entrepreneurs Algériens. Pour lui, il s’agit clairement d’une « totale absence de stratégie et d’un manque de cohérence » dans le domaine.

Poussant plus loin, M. Hasni observe que les personnes chargées de piloter la construction de structures de production d’énergie solaire n’ont, de plus, pas eu une vision intégrée pour ce qui a trait à l’acheminement de l’électricité produite vers les lieux de son utilisation, situés dans les régions nord de l’Algérie. .

Si, selon lui, il n’y a finalement eu qu’une infime partie des soumissionnaires qui ont été retenus pour réaliser le projet des 150 mégawatts, c’est explique-t-il, parce que la majorité de ceux qui au départ s’étaient montrés intéressés et qui se sont finalement désistés, pensaient qu’il s’agissait d’en monter les installations et non pas d’avoir à les gérer, 25 années durant.

Pour que le pays puisse s’extraire de cette inconfortable situation, cet expert propose comme unique solution, l’élaboration d’un « modèle de consommation » à même de définir le meilleur mix énergétique à adopter.

Bessa, Résidence la Pinède