Trois choses à retenir de cette neuvième semaine du mouvement populaire

bouteflikisme

En premier lieu, le mouvement pour le changement du système ne faiblit pas, la mobilisation reste intacte et massive et un mot d’ordre commun qui s’impose et qui devient de plus en plus claire : le départ des symboles du bouteflikisme et l’amorce d’une transition pacifique menée par des personnes intègres.

Le départ du « reliquat » du système instauré par la « bande» devient la première des exigences et à leur tête Bensalah qui symbolise à lui seul un système qui a mené le pays à l’impasse. Ce même Bensalah qui continue de jouer à la diversion en lançant des « consultations » pour préparer des élections déjà rejeté par des millions d’Algériens. N’a-t-il pas entamé ses rencontres par un certain Ziari qui a déclaré au mois de décembre dernier que « Ouyahia présente toutes les conditions pour remplacer Bouteflika » ?

C’est quand même intriguant de le voir entamer de telle consultations (Bensalah étant un champion de ce genre d’exercice il a déjà à son actif les consultations de 2011) et d’annoncer une conférence pour ce lundi. C’est quasiment un retour à la case de départ, au moment même ou d’autres solutions sont envisagées et même « préconisées » par l’état-major de l’armée au regard de la dernière déclaration de du chef d’état-major de de l’ANP qui disait » toutes les perspectives possibles restent ouvertes » !

Deuxième chose, c’est le retour du « Zoro » du FLN en l’occurrence Ould Abbas qui dit à qui veut le croire qu’il n’a jamais démissionné de son poste de SG et qui va présider la réunion du comité central du FLN dont l’objectif serait de « régler ses comptes » à Moad Bouchareb et préparer ainsi son éviction de la présidence de la chambre basse du parlement.

Triste image du Parti des Benboulaid, Benmhidi, Abane, Boudiaf et autre Zabana. Plus que jamais ce patrimoine de la nation algérienne doit être restitué au peuple.

Dans le même temps le plus vieux parti d’opposition vivait des moments « tragiques » avec l’attaque de son siège commandité semble-t-il par un ancien responsable : Ali Laskri ce que dément ce dernier. Spectacle infligeant c’est le moins que l’on puisse dire pour le parti de Da l’Ho.

Enfin la polémique autour du recours du gouvernement Ouayahia au financement non conventionnel c’est-à-dire la planche à billet. L’objet n’est pas de revenir aux conséquences désastreuses de cette décision, qui reste pour le moins que l’on puisse dire entachée de beaucoup de non-dit, mais de relever le changement d’avis de certains « pseudo-experts ».

L’exemple d’un ancien ministre des finances en l’occurrence Abdelkader Benkhalfa est à ce sujet très édifiant. Il affirmait en septembre 2017 dans une émission à la radio que dans  le plan du gouvernement Ouayahia, la planche à billet était une mesure d’exception et qu’il ne partageait pas la « focalisation sur le financement conventionnel » pour dire en avril 2019 dans une autre  émission, cette fois –ci à la télévision nationale, que c’est dangereux et que c’était une « solution facile mais risquée au maximum » avant de rajouter qu’il était urgent de désigner un gouverneur de la banque d’Algérie. Il se voit peut-être gouverneur, le poste est vacant depuis la nomination de Loukal au gouvernement : Opportunisme de « bas étage » quand tu nous tiens !