Usage des canons à son à Alger, des armes « potentiellement mortelles »

Said Salhi, vice-président de la Ligue des droits de l’Homme (LADDH), a dénoncé, hier, l’usage par la police de canons à son contre les manifestants.

« Grave et à dénoncer massivement. Des camions NIMR ISV avec dispositif de canon à son fabriqués en Algérie ont fait leur apparition cette semaine à Alger pour disperser les manifestants pacifiques, alors qu’ailleurs dans le monde notamment aux USA, ils sont interdits pour leur impact nocif sur la santé des citoyen-ne-s, causant des pertes d’audition et autres graves dommages allant jusqu’à la mort », a-t-il indiqué.

A chaque manifestation, les protestataires font face à des gaz lacrymogènes, à des canons à eau et à des coups de matraque. Depuis quelques années, les manifestants ont pu se familiariser avec un  nouveau dispositif des forces de l’ordre pour disperser les foules : un système émettant un son strident d’une violence insoutenable, à même de décourager tout rassemblement à proximité.

Le recours à ce dispositif est interdit dans certains pays, à l’instar des Etats-Unis d’Amérique, où une cour d’appel à New York a jugé, en juin 2018,  « anticonstitutionnel » l’usage des dispositifs de canons à son par la police américaine pour contrôler une foule de manifestants.

La même cour d’appel estime que l’utilisation par les forces de l’ordre de ce dispositif d’harcèlement acoustique représente « un abus de force ». « Le problème posé par des protestataires sur la voie publique ne justifiait pas l’utilisation de la force, a fortiori une force capable de causer une blessure grave, telle qu’une perte auditive », avait affirmé la cour dans son arrêt.

MDI Alger