Une conférence de presse inédite…pour rien !

Le premier ministre Noureddine Bedoui et son vice-premier ministre Ramtane Lamamra viennent de donner une conférence conjointe première du genre en Algérie, pour s’expliquer sur ce qu’ils ont à vendre au peuple algérien en ébullition depuis le 22 février dernier contre le président Abdelaziz Bouteflika et le système entier.

Une conférence où comme si le premier pouvait avoir des positions différentes du second ou bien le premier n’étant pas capable de faire face aux journalistes alors le second vient en renfort.

Le Premier ministre a esquivé toutes les questions posées par les journalistes et ses réponses étaient complètement hors cadre, notamment, sur les contradictions dans les deux derniers messages du président, l’inconstitutionnalité de ses décisions, consistant en le report de l’élection, la prolongation du 4e mandat de Bouteflika, le vide constitutionnel après le 28 avril date de la fin du quinquennat présidentiel…etc.

A aucun moment le premier ministre n’était précis dans ses réponses, même pas sur la date de formation de son propre gouvernement, et la principale réponse sur la durée de la période de transition est resté sans réponse.

Des réponses vagues qu’on a l’habitude d’entendre : laisser la place aux jeunes, disponible pour le dialogue, le changement est inéluctable. Cela donne l’impression d’un PM avec des prérogatives très réduite.

S’il faut saluer cette initiative, il également intéressant de souligner qu’elle répond à la pression «continue» exercée par la rue. Les algériens qui attendaient des réponses à leurs demandes  de changement radical, ont eu droit à des généralités. Toutes les réponses relèvent des généralités (pour ne pas dire langue de bois).

Quant à son vice premier ministre (chevronné et mieux préparer à ce genre d’exercice) il était au secours de son chef avec des réponses mesurées et calculées, on peut dire même « bien emballées » car il s’agit de les «vendre» à l’opinion international plus que local.

Comme par exemple cet appel du pied à l’opposition pour intégrer le gouvernement. Manière de dire que c’est la faute à l’opposition qui a refusé de participer à construire une solution de sortie de la crise. Alors il faut le dire l’opposition reste pour une fois cohérente dans sa position de refuser au pouvoir en place à jouer un rôle dans la transition.

MDI Alger

Ainsi, le tandem Bedoui-Lamamra, n’ont fait, aujourd’hui, aucune annonce susceptible de croire qu’il y a une volonté de changement  radical, mais, ils ont tenu un discours de généralités qui cache l’absence d’un projet de réformes réelles et sérieuses.

Bessa, Résidence la Pinède