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Mohamed Laïchoubi : «La contestation populaire s’est érigée en un acteur politique majeur incontournable»

«La contestation populaire a, non seulement pris de l’ampleur, mais, elle s’est érigée en un acteur politique majeur incontournable», a estimé l’ancien ministre et diplomate Mohamed Laïchoubi.

Selon lui, cet acteur (le peuple) a fait preuve de maturité et de responsabilité puisque tout s’est déroulé de manière pacifique. «L’édifice démocratique plus avancé se fera avec cet acteur», a-t-il indiqué lors de son passage ce mardi dans l’émission l’«Invité de la chaîne 3».

Laïchoubi a considéré que les annonces du président Abdelaziz Bouteflika, notamment, son renoncement au cinquième mandat, le report de l’élection présidentielle viennent pour apaiser et répondre aux demandes du peuple, mais qui nécessiteront un débat majeur.

«Il y a finalement deux acteurs l’un face à l’autre. Il y a la contestation qui estime que le système a duré et il y a eu une longévité, il y a eu de l’usure, et qu’elle porte atteinte à l’efficacité du système institutionnel, et ils veulent (le peuple) non seulement du nouveau, ils veulent un système plus transparent. En face il y a le président qui vient avec des solutions mais avec une préoccupation majeure, qui est qu’on ne laisse pas le système avec un vide total du point de vue institutionnel, on assure la continuité et la légitimité et la présence de l’intégralité des organes de l’Etat, mais, on se base sur l’essentiel, pas de cinquième mandat, on met en place un commission nationale totalement indépendante, mais, avec l’intégralité du processus sur lequel on peut revenir et décortiquer», a-t-il expliqué.

«Il y a une préoccupation me semble-t-il des deux côtés. Le débat va s’ouvrir. Il va s’ouvrir, mais, est-ce que dans le sens de la demande ? Et est-ce que la réponse est adéquate ? Dès lors où vous vous poserez cette question, vous ne vous empêcherez pas de poser l’autre», a ajouté Laïchoubi.

«Quelle est la solution la plus adéquate ? Est-ce qu’il faut qu’il y ait une solution qui assure à l’Etat algérien une continuité, c’est-à-dire, il y a des aéronefs qui volent, ils sont rattachés à un Etat, et ce dernier à une légitimité, et il a un dispositif institutionnel. Si on annule l’intégralité du dispositif institutionnel, et on installe un vide juridique et politique total. Et c’est là que va s’organiser le débat : Pour les uns c’est le risque de chaos et pour les autres ça va être un renouveau, et en plus il faut gérer l’Etat», a-t-il expliqué.

Pour lui « cette préoccupation est un élément essentiel du débat. Est-ce que la contestation a eu gain de cause et est-ce que le président s’est préoccupé de ne pas installer un chaos».

De la commission indépendance chargée de mener à bien la transition, l’invité se réfère, une fois encore, aux assurances énoncées par le président selon lequel celle-ci se présenterait sous la forme d’un instrument législatif, dotée de l’intégralité de prérogatives organisant à la fois sa « présence et son existence ».

Comment les Algériens en sont-ils arrivés à contester la présence, 20 années durant, de la gouvernance de Bouteflika. En plus de la maladie de ce dernier et de « l’usure du système », il considère que la société Algérienne, constituée d’une nouvelle génération a progressé et que légitimement elle en est venue à réclamer un système démocratique « renouvelé et rafraichi».

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