L’éradication de la faim en Afrique pourrait ne rester qu’un vœu pieux, alerte l’ONU

Trois domaines d’intervention prioritaires pour fournir durablement une alimentation à la population d’Afrique de l’Ouest

Sur le continent africain, les progrès menés dans la lutte contre la faim sont encore insuffisants pour atteindre les différents objectifs mondiaux en matière d’éradication du fléau et de réduction de la malnutrition. C’est ce qu’indique le rapport intitulé « Aperçu régional de la sécurité alimentaire et de la nutrition en Afrique » lancé par les Nations unies, le 13 février dernier.

Un chiffre donne la mesure de la longue marche qui reste à faire. Environ 257 millions de personnes souffrent de la faim en Afrique (1 personne sur 5) ; soit une hausse de 34,5 millions d’individus par rapport à 2015.   

Si le phénomène n’épargne aucune région, la majeure partie des sous-alimentés est l’apanage de l’Afrique subsaharienne avec 237 millions de personnes tandis que l’Afrique du Nord compte 20 millions d’individus.

D’après le rapport, les causes de l’augmentation du nombre de personnes en proie à la sous-nutrition sont variées. Hormis la crise économique mondiale et la faiblesse des coûts produits de base (pétrole et minéraux notamment), les conditions climatiques défavorables comme la sécheresse et l’insuffisance des pluies ont aussi pesé lourd sur de nombreux pays situés entre autres en Afrique australe et orientale.    

Sur le plan de la nutrition infantile, les Nations unies indiquent également que les réalisations ne sont pas significatives au niveau régional malgré des progrès dans quelques pays du point de vue du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans.

Selon les Nations unies, de nombreux leviers peuvent permettre au continent d’accélérer la lutte contre la faim et contre la malnutrition infantile. Il s’agit notamment d’une meilleure utilisation des transferts de fonds pour des investissements productifs dans le secteur agricole, le développement du commerce intra-africain avec l’intégration de filets de sécurité et de programmes d’atténuation des risques, ainsi que l’investissement dans la jeunesse.

Pour rappel, d’après l’ONU, 821 millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde.

Ecofin