Mustapha Zebdi, président de l’APOCE : « La prochaine hausse des prix des produits importés ne va pas affecter les consommateurs »

Mustapha Zebdi
Mustapha Zebdi, Président de l'APOCE

Dans cet entretien, le président de l’association de protection des consommateurs MZebdi s’exprime sur la décision du ministère du commerce de levée la suspension de l’importation de certaines marchandises souhaitons que cette décision va créer la concurrence, faire baisser les prix des produits locaux et pousser les producteurs locaux à améliorer la qualité de leurs produits.

Algérie-Eco : Les marchandises et produits qui ont été soumis à la suspension provisoire à l’importation durant l’année 2018, sont désormais, libre à l’importation moyennant le paiement d’un droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS). La liste des marchandises soumises au droit additionnel provisoire de sauvegarde et les taux correspondants vient d’être publiée par le ministère. Quel commentaire faites-vous sur cette liste ?

MZebdi : Le fait que le ministère du Commerce ait taxé les produits importés, c’est que ces produits vont logiquement connaitre des hausses des prix mais qui n’affecteront pas les consommateurs. Sachant que ces produits étaient interdits, donc le consommateur a pu s’en passer de ces derniers. Nous espérons seulement que la levée de l’interdiction de l’importation de ces produits va stabiliser les prix sur le marché local sachant que juste après cette interdiction, les producteurs locaux ont saisi l’occasion pour augmenter les prix de leurs produits, chose qui a tué la concurrence.

Aussi, il y a un problème que nous soulevons sur cette liste. Il y a des produits qui ont été taxés à 70% mais qui devraient être taxés encore plus, à notre avis comme les eaux minérales. Nous avons une production suffisante pour satisfaire les besoins locaux, il y a même des projets de production d’eau minérale qui sont bloqués. Donc cette taxe est insuffisante pour nous et elle est au profit des producteurs étrangers. Il y a aussi certaines viandes comme la viande d’âne taxées à 70%.

Mais le paradoxe, c’est qu’il y a d’autres produits qui ont été trop taxés comme les fruits secs à 120% alors que la production locale est quasiment inexistante pour ces produits. Le Chocolat aussi à 70% et pourtant, la production locale est minime. Donc pour nous il y a un peu d’injustice dans la taxation des produits importés.

A votre avis, la levée d’interdiction d’importer ces produits va-t-elle contribuer à la baisse des prix des produits locaux ?

Nous l’espérons bien, car je le répète, les prix des produits locaux ont connu une hausse importante suite à l’interdiction d’importation de certains produits. Nous souhaitons également que cela va créer la concurrence et pousser les producteurs locaux à améliorer la qualité de leur produit.

L’APOCE n’était pas aussi pour cette interdiction, pourquoi ?

Le problème que nous avons soulevé est que l’interdiction d’importer certains produits très prisé par le consommateur allait favoriser le trafic l’informel, ‘’l’import au cabas’’. Et c’est ce qui a été remarqué. Certains importateurs l’ont fait  et les prix ont été plus chers.

Aussi, l’arrêt des importations de viande a fait flamber les prix du simple fait que la  production nationale soit insuffisante pour couvrir les besoins du marché local.

MDI Alger

Nous avons également exprimé nos craintes quant à une surflambée des prix du poisson frais. Le poisson congelé joue un rôle important dans la régulation des prix. Etant moins chers, le poisson et les fruits de mer congelés ont beaucoup de succès auprès des consommateurs. Lorsque l’importation de ces derniers a été suspendue, il y a eu une hausse vertigineuse des  prix du poisson.

Bessa, Résidence la Pinède