Ces lois qui entravent l’émergence du E-commerce

E-commerce en Algérie

Par Nassim Belouar

Nous sommes optimistes quant au développement du E-commerce en Algérie pour les années à venir. Il existe une formidable dynamique entrepreneuriale dans ce domaine, une concurrence qui commence à porter ses fruits pour que les consommateurs aient le choix tant au niveau de la qualité, qu’au niveau du prix.

Cette dynamique est certes là, mais elle n’arrive pas à répondre aux besoins et réduire le retard considérable que connait l’Algérie par rapport aux pays voisins ou certains pays du continent.

Cette jeunesse, à la tête des grands projets e-commerce ne demande rien. Ni subventions, ni ANSEJ ni aucune autre aide financière ou matérielle. La seule chose qu’elle demande c’est d’avoir un cadre légal favorable à leur épanouissement entrepreneurial, qui n’entrave pas leurs projets et qui leur permet de développer leurs activités.

La plupart des projets sur le marché algérien sont encore des startups. La définition d’une startup est : une structure en plein incertitude et en constante évolution ! Dans un environnement de libre entreprise, le taux d’échec et de risque d’une startup est très élevé. En Algérie, le handicap entrave doublement l’activité des startups locales, de par les lois qu’entreprend le législateur Algérien. Lois qui sont défavorables pour encourager l’investissement des algériens dans ce domaine-là.

Le projet de loi de finance de 2019  prévoit de taxer les transactions qui se déroulent sur les plateformes d’e-commerce à hauteur de 5%. Une hérésie que nous devons empêcher à tout prix si nous voulons que notre pays sorte de la crise.  Mais en vérité, Ce projet de loi n’a rien de nouveau et ne me surprend pas. Nos législateurs ont tendance à taxer ce qui crée de la valeur, à réguler voire freiner l’innovation, à subventionner ce qu’ils veulent bien subventionner et surtout à interdire ce qu’ils ne comprennent pas.

Les questions que les acteurs de l’économie numérique veulent poser aux régulateurs sont nombreuses notamment : est-ce que le fait de taxer les activités sur l’e-commernce est une stratégie de développement du secteur ? Le coût de lancement n’est pas assez élevé ? Nous voulons créer un écosystème et vous ?

Vous allez me rétorquer que ces taxes servent à l’Etat pour récolter de l’argent. Ainsi soit-il. Voici la question que je vous adresse : est-ce que l’Etat a comme objectif de faire du profit ? Car si l’Etat tombe dans ce cycle pour faire des profits ça ne sera plus un pays, mais une entreprise et ceci est très dangereux pour la démocratie.

Le marché l’emporte à chaque fois, ce qui se passe en Algérie n’est pas nouveau. Généralement l’Etat en mettant ce genre de barrières à l’entrée, crée une bourgeoisie puis un capitalisme dit « capitalisme de connivence ». Personnellement je ne préfère que le marché de l’économie numérique soit ouvert, libre et fondé sur des bases saines d’équité, au lieu de donner un monopole pour un organisme public (tel est le cas en ce moment) ou privé.

Taxer les activités de l’e-commerce c’est mettre les bâtons dans les roues des entrepreneurs algériens et c’est contre-productif pour le développement de notre économie.

GMI BS

Par Nassim Belouar, économiste et blogueur https://nassimbelouar.com/

Bessa, Résidence la Pinède