Système de sécurité sociale : le DG de la Cnas, dénonce l’informel et les fraudeurs

CONTRADICTION. L'Algérie s'engage à
Tidjani Hassan Haddam, directeur général de la Cnas

« La Cnas est équilibrée sur le plan financier, mais il faut regarder notre système dans sa globalité, c’est un système qui est exclusivement basé sur les cotisations des assurés sociaux. Nous recouvrons environ 1.000 milliards de dinars dont 52% vont à la retraite, 42% aux assurances et le reste est dispatché entre l’assurance chômage et le Fonds national de péréquation des œuvres sociales », a déclaré ce mercredi, le directeur général de la Cnas, M. Tidjani Hassan Haddam, lors de son passage à la Radio algérienne.

Il a souligné que «notre système de sécurité social est l’un des systèmes qui protège au mieux nos travailleurs. Il est basé sur le tiers payant, par l’introduction du moyen de gestion, la carte chifa ».

M. Tidjani a fait savoir que l’une des causes du déséquilibre du système est le nombre insuffisant de cotisants, puisque « nous avons deux cotisants pour un retraité », ce qui menace la viabilité du système de sécurité sociale, c’est pourquoi la Caisse nationale des Retraite (CNR) s’est retrouvée dans l’incapacité de pourvoir pérenniser la pension des retraités. Devant cet état de fait, la cnas est intervenue, pendant trois années, « au détriment de sa trésorerie » pour assurer le versement des pensions.

Il a précisé que « la charte chifa ne remet nullement en cause ni la gratuité des soins ni le libre accès aux soins, elle est un moyen d’identification de l’assuré, puisque l’informel est l’une des causes du déséquilibre du système ».

M. Tidjani a indiqué que la CNAS a établi environ 14 millions de cartes chifa qui couvrent 39 millions d’assurés. La quasi-totalité de la population est prise en charge par le système de sécurité social, mais il reste l’informel les personnes non déclarées que nous voulons identifie, la charte chifa est l’un des instruments pour lutter contre l’informel ».

Par ailleurs, la Cnas a soutenu la CNR à hauteur de 500 milliards de dinars que l’Etat a remboursés par le biais du financement non conventionnel.  A ce propos, M. Tidjani a indiqué que « nous recouvrons un peu plus de 1.000 milliards de dinars que nous distribuons aux différentes caisses et nous assurons des prestations », souligné que « le recouvrement arrive à combler les dépenses ».

Il a précisé que la Cnas s’est constituée, au fil des années, une trésorerie importante, ce qui lui a permis de soutenir la CNR entre 2015 et 2017, dans le cadre de la solidarité entre les caisses. « Nous avons dépensé plus de 800 milliards de dinars pour la Caisse nationale de Retraite, afin de pérenniser les pensions de retraite. Pour l’année 2018, l’Etat a pris la décision d’octroyer une subvention à hauteur de 500 milliards de dinars », a-t-il expliqué.

Interrogé sur la situation financière de la Cnas, M. Tidjani a indiqué que « la situation est assez bonne, nous dépensons par année, en assurance sociale (prestation), environ 300 milliards de dinars. Les dépenses en assurance augmentent de 10% par année et le médicament représente plus de 65% de nos dépenses, soit plus de 200 milliards de dinars ».

Par ailleurs, il n’a pas manqué de dénoncer l’absence de déclaration et la sous-déclaration de la part des employeurs, ce qui mine l’équilibre du système. A ce propos, M. Tidjani a rappelé que « nous avons plus de 355.000 employeurs, tout secteur confondu et nous avons plus de 600 contrôleurs ». En 2017, la Cnas a procédé à plus de 75.000 missions de contrôle, ce qui a abouti au constat de 160.000 infractions, comme elle a effectué 65.000 actions de recouvrement forcé.

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