Pétrole : l’Iran demande à l’OPEP de conserver ses plafonds de production pétrolière

Tension entre l'Iran et les Etats-Unis, les prix du pétrole continuent leur hausse

L’Iran a demandé à ses collègues membres de l’OPEP de respecter les plafonds de production pétrolière et de faire face aux menaces de Donald Trump alors que le président américain cible ses exportations de pétrole cruciales, a rapporté ce lundi l’agence Bloomberg.

L’Iran a averti que toute violation du plafond de production pétrolière de l’OPEP nuira à l’efficacité de l’organisation, et a exhorté à une stricte adhérence aux plafonds. Le troisième producteur du cartel a rappelé au ministre du pétrole saoudien qu’un comité de suivi mis en place par le groupe n’est pas autorisé à interpréter les décisions de l’OPEP, et a déclaré aux Etats-Unis que ses efforts pour couper les exportations iraniennes n’étaient pas viables.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, a déclaré dans une lettre adressée au président de l’OPEP, Suhail Al Mazrouei que la production de certains pays membres en juin était « bien supérieure »  à leur engagement initial et une violation de cet accord. L’OPEP et ses alliés se sont mis d’accord le mois dernier pour augmenter la production aux niveaux assignés fin 2016, en vigueur ce mois-ci.

L’Iran, visé par des sanctions américaines depuis le retrait américain du traité nucléaire signé à Vienne en juillet 2015,  se débat pour trouver des alliés au sein du cartel afin de faire face à la volonté du président américain qui souhaite interdire les importations du brut iranien.

En effet, le président américain Donald Trump a fait pression sur l’Arabie saoudite, l’archi-rival régional iranien et d’autres membres de l’OPEP pour combler toute lacune d’approvisionnement qui se présentera lorsque les sanctions américaines réduiront les exportations de brut iranien.

Pour rappel, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a indiqué que les flux iraniens pourraient être réduits de moitié lorsque les sanctions américaines entreront en vigueur le 4 novembre, selon l’Agence internationale de l’énergie. Le pays expédie environ 2,5 millions de barils par jour.

Alors que l’Arabie Saoudite prenait des mesures pour compenser les pertes d’approvisionnement des autres pays de l’OPEP, le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, a déclaré que le cartel et ses alliés pourraient augmenter la production de plus de 1 million de barils par jour. Dans le même temps, les investisseurs se sont concentrés sur les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine qui pourraient menacer la demande.

Les prix du pétrole ont fortement baissé ce lundi alors que les inquiétudes concernant les perturbations de l’approvisionnement se sont atténuées et que les ports libyens ont rouvert.

En effet, les prix du Brent de la mer du Nord ont chuté de 2,24 dollars à un minimum de 73,09 dollars le baril à 12 h 38 GMT. Le brut léger américain était en baisse de 1,60 dollar à 69,41 dollars.

La compagnie pétrolière libyenne National Oil Corporation a annoncé samedi la production du gisement pétrolier géant de Sharara en Libye devrait chuter d’au moins 160.000 barils par jour. A cela s’ajoute la grève entamée par le syndicat norvégien des travailleurs des plates-formes de forage pétrolier et gazier.

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