HomeLa uneRamadan : Les étrangers complètement effacés de la vie quotidienne

Ramadan : Les étrangers complètement effacés de la vie quotidienne

L’Algérie vit depuis trois semaines au rythme du ramadan. Trois semaines, marquées par des journées tournant au ralenti.

Une simple virée durant la journée dans une quelconque ville, on peut  constater que tout est fermé et les rues sont presque vides. Un mois durant lequel le jour devient la nuit, et la nuit devient le jour. Mais, la seule chose beaucoup de gens  ne remarquent pas, c’est l’effacement de la vie quotidienne et pendant trente jours, des étrangers non musulmans en séjour ou de passage en Algérie.

Contacté pour donner son avis à ce sujet, l’expert en tourisme M. Said Boukhelifa a rappelé qu’«à l’époque des seventies et eighties (années 70-80),les restaurants étaient ouverts durant le ramadan à midi, la Brasserie des facs, le Novelty,et le Cyrnos,servaient aux Algériens et aux étrangers. A partir de 1982(affaire Bouali ,les frères musulmans),des écriteaux apparurent à l’entrée des restos «On ne sert qu’aux non-musulmans» (des algériens se glissaient parmi eux) Des Algériens fumaient librement dans les grandes artères tout en marchant.Beaucoup mangeaient et fumaient, au travail».

Avant le début du mois de Ramadhan, on remarquait des groupes de touristes qui se promenaient dans les rues de la capitale Alger, munie de leurs appareils photos, prenant du plaisir à découvrir la ville blanche.On les distinguait aisément en tant que touristes occidentaux. Mais, avec l’arrivée du mois sacré des musulmans, on ne voit point de touristes étrangers se promener. La raison est toute simple : rien n’est prévu pour les étrangers, non musulmans, qui se trouvent à Alger  pour une raison ou une autre durant ce mois sacré. Ils se heurtent, en effet, à une réalité dure, celle de découvrir un pays qui a perdu une grande vertu,….la tolérance

Toutefois, ils se débrouillent comme ils peuvent. . Généralement, ils se rendent dans un hôtel 5 étoiles où un petit-déjeuner ou un café est servi durant la journée sans problème. Mais, souvent pour certains, ils sont contraints de jeûner en raison d’absence d’alternatives.

Selon M. Boukhelifa «les touristes étrangers ne viennent pas, ils sont déconseillés par les tour-opérateurs qui ne veulent prendre la responsabilité de les envoyer dans un pays ou la tolérance n’a plus sa place. Ceux qui résident et travaillent chez nous, sont obligés d’aller aux restaurants des Hôtels 5 étoiles de l’état, car certains privés ont le culot ou la peur de servir à midi».

«Il n’y a aucune loi interdisant l’ouverture des restaurants et cafétérias pendant le ramadhan»

Interrogé sur l’existence d’une quelconque loi interdisant l’ouverture des commerces (restaurants et cafétérias…etc.), notre interlocuteur a répondu par «Non», en soulignant qu’«il n’y a aucune loi écrite, (peut-être verbale), qui interdit aux commerces d’ouvrir à midi durant le ramadan, mais l’excès de zèle de certains restaurateurs , les poussent à projeter leur propre interprétation».

A ce propos l’expert en tourisme, pour illustrer ses propos a raconté une histoire véridique. «Un restaurant face à la wilaya, servait des étrangers latins,  a  ce moment Il y a une descente de police.

-Pourquoi sers-tu ces étrangers? A-t-on demandé au propriétaire,

-Mais ce sont des étrangers! A répondu le restaurateur.

Suit à quoi, il fut convoqué à l’APC du quartier et le président lui répondit sèchement : même si, ce sont des étrangers, tu ne leur sers même pas un morceau de pain! Le restaurateur a répondu : envoyez-moi un écrit, je ne le ferais plus.Il n’a jamais reçu cet écrit!»

Il m’avait saisi au cabinet du ministère du tourisme à l’époque, a poursuivi M. Boukhelifa, ajoutant que «je lui avais dit en le rassurant : continue à le faire, dans le cas contraire, tu nous fait une réclamation écrite».

Tout cela, pour M. Boukhelifa, «c’est une mauvaise chose pour toute l’économie et l’image de notre pays, méditerranéen par excellence, qui tourne le dos à cette mer millénaire, berceau des civilisations .Car certains esprits rétrogrades et tarés regardent vers Kaboul, et Peshawar. Le drame, c’est qu’ils occupent des postes de décideurs.Malheureuse Algérie qui s’auto-flagelle».

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