Les coups de gueule des responsables algériens qui font le buzz

Les colères des responsables algériens lors de leurs différentes sorties sur le terrain se multiplient. Chaque semaine ou presque, les organes de presse en rapportent un lot. De même, des vidéos de ces coups de gueule sont largement partagées sur les réseaux sociaux.

Actuellement en visite dans la wilaya de Sétif, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, a refusé d’inaugurer hier dimanche une école à Ain Azel, une commune de presque 50 000 habitants située dans le sud de la wilaya, selon le journal El Bilad. La cause : la non-construction d’un restaurant au niveau de cette école. « J’inaugurerai cette école quand les travaux seront terminés et un restaurant scolaire sera réalisé », a-t-il notamment déclaré.

Bedoui est d’ailleurs revenu à la charge via son compte Tweeter. Il a écrit dans ce sens : « Nous voudrions (les autorités algériennes) que tous restaurants scolaires servent des plats chauds à la prochaine rentrée scolaire ».

Fin avril, le même Bedoui a sévèrement réprimandé le directeur d’un lycée à Batna, lui a reprochant d’avoir fermé sans la moindre raison la salle de sport de l’établissement. « Pourquoi elle est fermée (la salle) ? Il s’agit de ton bien », a tonné le ministre de l’Intérieur devant les caméras de la télévision.

La sortie de Bedoui a coïncidé avec celle de son collègue Mohamed Hattab, désigné récemment ministre de la Jeunesse et des Sports. Ce dernier, lors d’un déplacement à Alger, a utilisé un langage moralisateur pour corriger ce qu’il a estimé être un impair d’un responsable local. «La prochaine fois, apprenez s’il vous plait, à utiliser une règle lors de vos exposés à un responsable, à un bureau d’étude… Apprenez à être correct, l’exposé se fait avec une règle, pas avec le doigt. On revient en arrière » a lancé Hattab en direction de l’agent.

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Face à une sénatrice qui a exposé une affaire personnelle en pleine séance de travail au Conseil de la nation la semaine passée, le ministre de la Justice, Tayeb Louh, s’est fendu dans une réponse virulente. « Personne ne peut abuser de son statut, ni de son poste pour influencer les juges et l’autorité judiciaire et ce sont les instructions de son excellence, monsieur le président de la République », a-t-il grondé.

Se montrant récalcitrante, la sénatrice, Zohra Guerrab, a fini par être sortie de l’hémicycle par des agents de sécurité.

Il n’y a pas que les ministres qui affichent leur colère au grand public. Plusieurs wali recourent également à cette méthode. Janvier 2018, le wali de Mostaganem, Mohamed Abdenour Rabehi, a littéralement menacé un entrepreneur de lui retirer son agrément lors d’une visite à un chantier de construction de logements.

« Je ne veux plus qu’il travaille ni ici ni dans les autres wilayas. Nous allons saisir tous les walis. Il se moque de l’administration. Faites un rapport ! S’il le faut, on lui retire son certificat de qualification. Envoyez des mises en demeure sous huitaine », a-t-il ordonné.

MDI Alger

Bien avant lui, le Wali de Tiaret a limogé un directeur en présence de la ministre de l’Environnement, Fatma Zohra Zerouati.

Bessa, Résidence la Pinède