Djazagro : les producteurs d’arômes crient leur désarroi sur la liste des produits interdits à l’importation

APAB

A partir de ce lundi 9 avril, le Palais des Exposition d’Alger accueille la 16ème édition du salon international de la production agroalimentaire, Djazagro qui met à l’honneur le potentiel algérien. Le salon s’ouvre sur fond de polémique sur un éventuel retrait de certains produits de la liste des produits interdits à l’importation, dont les arômes destinés à l’industrie des boissons.

A ce propos, M. Hamani Ali, Président de l’Association des Producteurs algériens de Boissons, APAB, a indiqué qu’ «il y a eu des déclarations sur la levée d’un certain nombre d’intrants, y compris les arômes, mais nous attendons la mise en place de cette décision, parce qu’il y a urgence puisque certains producteurs sont presque à l’arrêt », ajoutant «  c’est une décision administrative qui met en péril les entreprises ».

M. Terfas Kamel, directeur unité production et industrie de Général Plast, une filiale du groupe Ifri, a indiqué que « nous sommes en train de travailler au ralenti et nous avons réduit la production de sodas de 50% », ajoutant « nous pouvons tenir à peine un mois avec les stocks dont nous disposons, même si les autorités lèvent l’interdiction d’importation sur les arômes, nous avons perdu les premiers quinze jours du mois de ramadan ».

Evoquant les producteurs locaux, M. Terfas estime qu’ils « ne peuvent pas satisfaire la demande et ils ont besoin au mois de 6 mois pour produire. L’idéal serait d’acheter localement mais les producteurs ne peuvent pas répondre à la demande», tout en déplorant l’absence de visibilité qui résulte de cette décision en se demandant si elle est définitive ou si le gouvernement se réserve le droit de faire machine arrière.  

Tous les producteurs d’arômes et de boissons qui ont pris part à ce salon, ont exprimé leur désarroi quant à la décision d’inclure les arômes dans la liste de produits interdits à l’importation en la qualifiant de « décision irréfléchie et trop brutale» qui menacerait leur activité. Ils se sentent dans le flou total, comme tous les autres producteurs concernés, Ils attendent du ministère un assouplissement de la liste.

Cette liste a débouché sur  un imbroglio administratif qui masque toute visibilité pour les producteurs, notamment étrangers, de s’installer en Algérie à travers des partenariats, d’autant plus que sur ladite liste figurent l’interdiction à l’importation de matière première nécessaire à la production.

De son côté, M. Babil Bey Boumezrag, directeur général de Promosalons Algérie, coorganisateur de Djazagro 2018, a souligné que « de plus en plus d’entreprises, d’opérateurs et d’investisseurs s’intéressent au marché de l’agroalimentaire et investissent localement d’autant plus qu’actuellement, il y a la suspensions d’un certain nombre de produits, ce qui va inciter les opérateurs algériens à se lancer dans ce domaine, de se mettre à niveau et de concurrencer les produits étrangers et de les remplacer totalement à termes ».

Interrogé sur l’impact de cette interdiction, M. Boumezrag a indiqué que « c’est aux opérateurs de s’adapter à cette nouvelle donne et d’essayer de trouver des alternative, ce qui va pousser les opérateurs à produire localement ».

Par ailleurs, le salon est marqué par une forte présente de fabricants de machines dans les différents segments de l’industrie agroalimentaire, dont l’unique but est la recherche de clients potentiels. Cela prouve que les industriels étrangers continuent à considérer l’Algérie uniquement comme un marché où ils pourront écouler leurs produits.

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