Énergie solaire: L’Algérie enfin déterminée à exploiter son énorme potentiel

construction de centrales solaires

L’Algérie est probablement le pays Africain et Méditerranéen disposant du potentiel d’énergie renouvelable le plus important à l’échelle régionale, de même que les capacités les plus appropriées au développement et à l’exploitation de ce potentiel. Un potentiel énergétique lié à plusieurs types de sources, mais dont l’énergie solaire demeure la plus importante en disponibilité et puissance et, sans doute aussi, la plus compétitive à développer à l’avenir sous diverses formes.

L’Algérie est en effet l’un des plus importants gisements d’énergie solaire au monde avec une durée d’insolation de 2.000 à 3.900 heures par an, et une irradiation journalière de 3.000 à 6.000 Wh/M2, soit l’équivalent de 10 fois la consommation mondiale.

Eu égard à ces statistiques particulièrement favorable au développement de l’énergie photo voltaïque, le gouvernement algérien avait décidé de lancer dés l’année 2011, un programme à long terme d’énergie renouvelable de 22.000 MW destiné à la production d’électricité qui se faisait jusqu’alors à base d’énormes quantités de gaz.  Le programme en question prévoyait la mise en place à l’horizon 2030, d’une capacité de production d’électricité de 12.000 MW exclusivement destinée au marché intérieur. Tout un éventail d’énergies renouvelables parmi lesquels 7.200 MW en thermo solaire, 2.800 MW en photovoltaïque, et 2.000 en éolien devaient en être issus. Une tranche supplémentaire de10.000 MW était même prévue pour être exportée vers la Tunisie et la Maroc. L’objectif ouvertement affiché était d’économiser au maximum le gaz naturel en grande partie destiné à l’exportation.

Mais comme le lancement de ce programme a pris du retard et que les technologies solaires avaient entre temps beaucoup évolué, le gouvernement algérien a décidé en février 2015 de modifier de façon importante le programme initial.  La capacité de production envisagée est certes restée la même avec de 22.000 MW, mais elle est entièrement destinée à la production d’électricité avec 10.575

MW en photovoltaïque, 4.000 MW en éolien, 2.000 MW en thermo-solaire, et le reste entre la biomasse, la cogénération, et la géothermie.

L’objectif de ce programme était motivé par le constat fait à l’époque par rapport à trois facteurs importants : Une baisse des réserves restantes en hydrocarbures et une relative stagnation de la production depuis 2007,  un accroissement rapide de la consommation nationale d’énergie qui se fait au détriment des exportations et le constat d’une mutation à l’échelle mondiale vers les énergies renouvelables dont l’Algérie est potentiellement bien lotie.

Ce programme a été accompagné par l’adoption d’un cadre juridique favorable à la promotion des énergies renouvelables à travers, non seulement, les incitations multiformes destinées à l’investissement dans l’industrie des l’énergie renouvelable et leurs usages, mais aussi, à la promotion d’une industrie des équipements de production y afférents.

Il n’a malheureusement été réalisé entre 2011 et 2017 qu’une capacité de 354 MW d’énergie photovoltaïque, avec toutefois quelques prometteuses initiatives privées notamment dans la production de panneaux photovoltaïques encore embryonnaire en Algérie.

Le démarrage effectif de cet ambitieux programme commencera cette année à la faveur d’un appel d’offre portant réalisation durant les deux prochaines années d’une première tranche de 4050 MW. La composante énergétique du programme prévoit la création d’un partenariat destiné à financer, construire et exploiter plusieurs centrales photovoltaïques de 1030 MW chacune.

MDI Alger

La composante industrielle vise quant à elle à financer, réaliser et exploiter un certain nombre d’usines d’équipements et de composants destinés aux centrales photovoltaïques. Pour ce faire, Sonatrach tout comme Sonelgaz, privilégient la formule du partenariat avec des sociétés nationales et étrangères qui maitrisent le mieux la fabrication des équipements et les métiers divers des énergies renouvelables. Des actions concrètes ont déjà été engagées dans ce sens.

Bessa, Résidence la Pinède