L’Edito : Finance islamique, un effet placebo sur l’économie nationale

encadrement de la Finance islamique

« L’argent n’a ni odeur ni religion » c’est l’un des commentaires recueilli sur le sondage hebdomadaire de notre site, qui portait sur l’ouverture des guichets de la finance islamique dans les banques.

D’emblée on se rends compte, que hormis, les résultats de ce sondage , qui donnent sur 301 votants 183 oui,  pour 118 non, les commentaires son beaucoup plus parlant et font ressortir une espèce de flou, qui démontre sans ambiguïté , que soit il y’a un manque de confiance en ces produits,  soit ils sont complètement méconnus des citoyens «Je ne pense pas que la banque donne de l’ argent sans contrepartie, ou est l’intérêt de la banque? si l’objet commercial est le même avec intérêt c’est un péché prohibé par l’islam. Il faut donner une image d’ensemble de cette affaire pour pouvoir faire comprendre le peuple et non le duper par la pub» nous dit un autre commentaire.

la finance islamique adhère aux principes de la charia islamique qui proscrit le taux d’usure (Riba) et prône le principe des trois P: le Partage des Pertes et des Profits de la part des contractants.

Parmi les formules de financement figure El Mourabaha qui lie un client à une banque islamique autour d’un produit qu’il désire acquérir. La banque acquiert à son actif le produit qu’elle revend au client, avec toutefois une marge bénéficiaire.

la Moucharaka, elle lie le client et la banque sur un projet d’investissement que l’établissement bancaire va financer avec, pour rémunération, la participation au partage des profits générés par le projet à des taux prédéfinis en amont, mais aussi les pertes.

La formule El Idjar s’apparente au principe de crédit bail ou leasing, avec pour variante principale qui dicte que le montant de l’acquisition définitive du bien par le client, au bout de l’échéance, sera déterminé selon le prix du marché et non pas prédéfini en amont.

Pour les observateurs, il est clair, qu’à partir du moment, ou les trois formules génèrent des bénéfices pour les banques, la seul différence avec les produits bancaires traditionnels, réside dans le fait , que le contractant, ne verse d’intérêts à chaque échéance, il n’y a donc pas de pratique de Riba.

Pour notre interlocuteur,  un jeune responsable en informatique,  l’interrogation est encore plus complexe « si je décide d’acheter un bien, à travers ces formules, combien me couterait il , à la fin ? Puisque la banque dans tous les cas, prends une marge, un bénéfice, le bien me couterait plus cher, exactement comme si j’avais payé des intérêts, dans le canal traditionnel, alors à quoi sert exactement ces formules ?

En somme, et dépit de l’importance de la part d’ignorance qui plane sur ce dossier, il va sans dire, et les experts n’ont cessé de le confirmer, qu’aux balbutiements d’un renversement bancaire de telle ampleur, et que devant une situation financière difficile qui depuis trois ans et demi demeure sans solutions réelle, présenter, l’alternative de la finance islamique comme l’ultime régulateur l’épargne interne, et comme un argument pour drainer les dépôts des grands capitaux, a eu , selon les résultats des différentes opérations lancées, plutôt un placebo sur l’économie nationale.

Cependant, l’urgence, selon les experts, demeure la même, sans de profondes reformes, l’application du nouveau modèle économique sera vouée à l’échec. Ils préconisent de concentrer tous les efforts sur l’essentiel, au lieu de se lancer dans des expérimentations, qui ne feront qu’aggraver la situation, par l’immense perte de temps, et surtout l’immense perte de crédibilité

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