Tunisie : changement à la tête de la Banque centrale et des « mesures exceptionnelles » en perspectives pour relancer l’économie

Marouane El-Abassi

Tunisie a nommé jeudi, un nouveau gouverneur à la tête de sa Banque centrale. Marouane El-Abassi (photo), économiste et ancien cadre de la Banque mondiale, vient donc remplacer Chadly Ayari, à la fin d’un feuilleton ayant vu notamment, le pays être ajouté à la liste noire de l’Union Européenne des pays à risque en matière de blanchiment d’argent.

Le 8 février dernier, la Tunisie avait en effet, été ajoutée à la liste des pays à haut risque en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme juste après avoir été retirée d’une précédente liste classant les économies représentant des paradis fiscaux. En réponse à cette décision, le gouvernement avait demandé la révocation du patron de la Banque centrale, Chadly Ayari, qui a finalement décidé d’annoncer sa démission le 14 février. « J’ai présenté ma démission (au chef du gouvernement Youssef Chahed) pour ouvrir la voie à une nouvelle génération de gouverneurs.», avait-il alors annoncé sur les antennes de la télévision nationale.

Lors de sa prise de fonction, le nouveau gouverneur Marouane El-Abassi a indiqué les priorités qui seraient les siennes à l’entame du mandat qui lui est confié.

« Les priorités seront les taux d’inflation inquiétants qui pourraient atteindre 10% si nous ne réagissons pas, le déficit commercial croissant et le déficit du compte courant.», a-t-il révélé dans des propos relayés par Reuters. Et d’ajouter : « Une autre priorité est la lutte contre le marché parallèle pour soutenir la monnaie tunisienne.»

Rappelons que depuis la chute de Ben Ali en 2011, l’économie tunisienne est en proie à des difficultés qui entravent son décollage. En janvier, l’inflation avait atteint 6,9%, soit le taux le plus élevé depuis 20 ans et les réserves de change sont descendus à leur plus bas niveau depuis 15 ans, avec un montant de 5 milliards $.

Marouane El-Abassi a annoncé devant le Parlement, l’adoption de « mesures extraordinaires »pour donner un second souffle à une économie à l’agonie.

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