Grèves, marches, protestations : Le front social en ébullition

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Il ne se passe pas un jour, ces derniers temps, sans que le front social ne connaisse une grève ou un mouvement de protestation. D’un secteur à un autre, le mécontentement, et le désarroi se font sentir avec force, et mettent plusieurs services publics en état de veille.

La situation sociale pour ce début d’année semble inextricable, dans le sens où, dans un grand courant de mécontentement, on retrouve, les médecins résidents qui maintiennent le débrayage enclenché depuis des semaines, et seront bientôt rejoint par les médecins du secteur public. Au cœur de leurs revendications, la reforme du service civil, et une amélioration de leurs conditions sociaux professionnelles.

D’autre part, le personnel naviguant commercial d’Air Algérie ne décolère pas et revient chroniquement au piquet de grève. Bien que la direction de la compagnie qualifie cette grève d’illégale, les contestateurs ne comptent pas en démordre et se préparent pour un autre débrayage, dénonçant la non-application d’une convention établie entre les deux parties.

Les syndicats des enseignants des différents cycles, reviennent au devant de la scène, et  font revivre aux parents d’élèves le même scénario de suspens chaque année. Ils annoncent un débrayage pour la fin de ce mois. Sur un autre front, les retraités de l’ANP,  n’arrivent pas à se faire entendre, et prennent leur mal en patience, depuis des années. Même l’université n’échappe pas au courant, le malaise y et patent.

Retraités de l'armée

Ceci étant, le spectre de la grève ne se limite pas aux frontières de la capitale uniquement, où la complication est plus grande, du fait que les rassemblements sont interdits. Il s’étend à plusieurs wilayas du pays, témoignant d’un mal être et un mal vivre, qui se généralise, et ne cesse de s’amplifier. Et ce, à travers, des scènes désolantes, où les commerçants, les enseignants et d’autres corps de métiers, défrayent la chronique chaque jour, dans l’espoir d’obtenir audience auprès des hautes instances, pour expliquer leurs revendications et obtenir des compromis, qui non seulement tardent à se concrétiser, mais demeurent l’objet récurrent d’un discours de sourds.

En outre, pour les observateurs, l’année 2018 a démarré sur un fond d’appréhensions et de craintes. Ils considèrent, que les mesures contenues dans la loi de finances 2018, dont certaines ont connu un début d’application dés le début de ce mois, ont ajouté de l’huile sur le feu.

L’austérité et la fragilité financière fait que beaucoup de ces revendications ne peuvent être réalisées, à l’instar de la compagnie nationale aérienne qui accuse un grand déficit financier. La direction générale de cette entreprise a bien fait comprendre qu’il était impossible vu la situation d’appliquer un relèvement des salaires des grévistes, pourtant  entendu lors d’un accord précédent.

L’annonce des augmentations et des nouvelles taxes durant l’année écoulée, une grande frustration et un stress général se sont installés dans les esprits des algériens.

Et pour cause, ces derniers, souffraient déjà, des affres d’une crise financière qui dure depuis trois ans, affligeant à leurs quotidiens, un régime d’austérité qui s’est surtout traduit par le rétrécissement du pouvoir d’achat, par la hausse chronique des produits à large consommation, que les spéculateurs ont exacerbé.

Au vu de ce qui se passe et avec ces problèmes récurrents, il est clair, que le début de cette année, qui connait cette ébullition du front social, qui suffoquait sous le poids d’injustices sociales, aggravent la situation. Nul besoin de rappeler que, des années durant, tout a augmenté, mis à part les salaires et les conditions de vie.

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