HomeAfriqueL’expert Mouloud Hedir : «Une union économique maghrébine est possible»

L’expert Mouloud Hedir : «Une union économique maghrébine est possible»

Cela fait 25 ans maintenant que le processus de construction d’une zone économique au Maghreb est au point mort et ce depuis 1992. De toutes les communautés économiques régionales qui sont en cours de construction sous l’égide de l’union africaine (UA), l’UMA est pointée dans tous les rapports comme celle qui enregistre sans conteste le plus de retards, alors que même les trois économies du nord de l’Afrique (Algérie, Maroc et Tunisie) figurent, parmi les plus importantes et plus dynamiques du continent.

En effet, l’UMA était ce matin l’objet d’une conférence-débat animée par l’expert Mouloud Hedir, à l’hôtel Sofitel d’Alger, autour de la thématique «Plaidoyer pour une union douanière maghrébine». Lors de son exposé, M. Hedir, a estimé que «une union maghrébine est possible, mais, dans le cadre économique et au-delà des conflits politiques qui gangrènent la région», car selon lui, malgré tous ces conflits, «les échanges commerciaux entre les pays maghrébins ont continué, à l’instar de l’Algérie et le Maroc, dont les échanges ont atteint près de 500 millions de Dollars en 2016».

Et cette continuité, est le résultat de l’adhésion de tous ces pays à la Grande zone arabe de libre échange (GZALE), dont tous les pays ont ratifié les accords de  la libre circulation des marchandises, dont l’Algérie est le dernier pays à avoir rejoint cette organisation en 2009.

Mais, selon notre expert «en définitive, le rapprochement des économies maghrébines se poursuit et avance, sauf qu’il se fait de manière détournée et sans qu’il soit positivement assumé effectivement au niveau des dirigeants politiques».

Comprendre les retards dans le projet économique maghrébin : le cas de l’Algérie

Pour comprendre les retards accusés dans la concrétisation du projet économique maghrébin, M. Hedir a argumenté son exposé par le cas de l’Algérie. Selon le même expert, «Il n’y a pas de volonté politique de la part du gouvernement, et la faiblesse de la diversification de l’économie algérienne surtout au niveau des exportations hors hydrocarbures, ce qui reflète une faiblesse de la production nationale». Dans ce sens, il a fait savoir que «les exportations de produits industriels hors hydrocarbures, ne représentent que 5% du PIB, soit 9 MDS de Dollars, en 2016»

Il a relevé également que «l’Algérie est déficitaire avec tous ses partenaires commerciaux, sauf avec les pays du Maghreb avec lesquels elle a enregistré des excédents commerciaux, comme la Tunisie, avec 603 millions USD d’exportation et 431 millions USD d’importations de ce pays». Ce qui laisse dire M. Hedir que « l’Algérie a tout l’intérêt d’œuvrer à la concrétisation de ce projet économique loin des conflits politiques qui minent la région».

Ajoutant qu’ «au total, l’intérêt d’un ensemble économique maghrébin est inséparable d’un programme de diversification de l’économie algérienne».

Plaidoyer pour une union douanière maghrébine

Pour concrétiser ce projet d’union économique maghrébine, M. Hedir a estimé qu’ «il y a d’abord, besoin d’un consensus minimal pour mettre sur pied un groupe de réflexion commun (Algérie, Maroc et Tunisie dans un premier temps)».

Ensuite, selon le conférencier «il faut une union douanière maghrébine, qui permettrait la création d’une zone de libre échange, en appliquant des tarifs extérieurs communs. Renouer avec le cours de la stratégie économique définie dans le traité de l’UMA».

Cette union douanière est à considérer selon M. Hedir «un chantier commun à ouvrir en vue de solutionner de nombreux problèmes techniques, comme : le profil du futur tarif extérieur maghrébin à négocier en interne (Maghreb), puis avec les partenaires (OMC).  Idem pour les engagements internationaux en matière de services;  autres questions techniques: règles d’origine communes; statut des échanges agricoles; antidumping et sauvegardes; concurrence; etc.  Intérêt pour négociation d’accession de l’Algérie à l’OMC».

Pour l’expert, «l’avènement d’une union économique maghrébine, constituera pour ses membres force de proposition et de décision sur le plan économique régional, continental et même mondial».

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