Plan d’action du gouvernement : Quand le discours politique prime sur l’aspect économique

situation politique et économique

Les partis de l’opposition ont chargé fortement lors des débats, clôturés hier soir, autour du plan d’action du gouvernement, le premier ministre Ahmed Ouyahia, en lui faisant endosser les erreurs des 19 gouvernements qui se sont succédés à la tête de l’Etat depuis 1999. Les députés ont estimé nécessaire  d’ouvrir un dialogue  sérieux de toute urgence, parce que, la situation politique et économique du pays est préoccupante. Tandis que, les partis pro-gouvernementaux, ont tous défendu, à quelques exceptions près, les décisions du gouvernement Ouyahia  et le président de la république, ceux de l’opposition ont manifesté leur désaccord notamment sur le volet du financement non conventionnel dont ils alertent sur les conséquences inflationnistes.

La clôture des débats sur le plan d’action du gouvernement qui ont duré trois jours, a été marquée par l’intervention des président des groupes parlementaires, avec une prédominance du discours politique.

Lors de son intervention, le président du groupe parlementaire du FFS Chafaa Bouaiche, a indiqué que son parti reste «convaincu que le but des gouvernements qui se sont succédés était le maintien du système, alors que la crise aiguë nécessite un consensus national pour garantir la continuité de l’Etat à travers la création d’institutions et travailler pour les renforcer en les mettant au service du pays et la société, et non pas au service des lobbies».

Un consensus difficile

Il a poursuivi en s’interrogeant  «est-ce que les partisans de l’alliance présidentielle croient que le secret réside dans les mots magiques contenus dans les programmes des gouvernements successifs, disant qu’ils travaillent pour l’application du programme du président».

S’adressant directement au premier ministre, M. Bouaiche a clamé : «anticipons les choses, pour la première fois, pour éviter au pays de nouveaux échecs », et d’ajouter «vous êtes les seuls à en prendre la responsabilité», a-t-il déclaré en poursuivant «l’Algérie est grande et c’est plus grand que le bricolage que vous proposez comme alternative et politique économique».

De son côté, le président du groupe parlementaire du PT, M. Djelloul Djoudi, a considéré que «la crise économique qu’a connue le pays ne se limite pas à l’absence de ressources financières, mais, le résultat des politiques mises en œuvre depuis des années par les gouvernements successifs», en soulignant que «la décision de recourir à la planche à billet aura une incidence sur le pouvoir d’achat et augmentera le taux d’inflation», et d’ajouter que «l’Algérie a besoin d’énormes investissements publics créateurs  de richesses et d’emplois pour trouver suffisamment d’argent , ce qui exige selon lui, une volonté politique pour recouvrer les ressources du pays».

Pour sa part, le président du groupe parlementaire du parti «Nahdha, Adala, Binaa», M. Lakhdar Ben Khellaf, a estimé que «le plan d’action gouvernemental soumis au débat , comme un plan d’urgence économique, est basé sur les moyens des politiques non-conventionnelles, dont la cause de la situation actuelle sont des hommes traditionnels, qui n’ont pas su gérer la période de l’embellie financière, à cause de la sourde-oreille qu’ils faisaient aux mises en garde des experts quant aux politiques  erronées.

Un plan d’action qui suscite des inquiétudes

Quant au président du groupe parlementaire du MSP, M. Nacer Hamdadouche, a appelé «à l’instauration d’un dialogue  national avec une volonté politique honnête, avec tous les partenaires politiques, économiques et sociaux, comme solution pour parvenir à un consensus politique, et de réaliser la transition économique, et face à la crise».  De son côté, le président du groupe parlementaire du part Front El Moustakbal, a proposé lors de son intervention, «la création d’une nouvelle monnaie nommée «le nouveau Dinar algérien».

Par ailleurs, les partis pro gouvernement se sont mobilisés pour défendre le président Bouteflika et le plan d’action du gouvernement d’Ahmed Ouyahia. A l’instar du président du groupe parlementaire du MPA, Cheikh Barbara, en s’attaquant aux partisans de la « révolution pacifique » dans le monde virtuel, tout en appelant à «la consécration de la démocratie calme et discuter de la politique et des problèmes sociaux au sein des institutions légitimement élus». Le MPA a exprimé son soutien «absolu» au gouvernement Ouyahia et sa capacité à briser l’impasse financière dans le pays.

De son côté, le président du groupe parlementaire du RND, M. Belabbes Belabbes, a tenu le même discours que celui du MPA, et a défendu solennellement la légitimité de Bouteflika en tant que président élu en 2014, en exprimant son soutien pour tous les gouvernements successifs depuis 1999, et les programmes qu’ils ont réalisé.