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Selon la CNUCED : Par leur course illimitée aux bénéfices, la finance et les investisseurs ont dangereusement creusé les inégalités

Si la recherche effrénée de profits et de rentabilité a permis la création d’un volume de richesses sans précédent, elle a aussi creusé le fossé des inégalités sociales dans le monde, lit-on en synthèse du rapport de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), publié le 14 septembre 2017.

Le document pointe du doigt le fait que les grandes puissances économiques n’ont pas retenu les leçons de la crise financière de 2008, dont les effets se font encore ressentir jusqu’à présent dans plusieurs régions. Il rappelle que, tirant profit de la dérégulation intervenue dans les années 90, le système financier international avait développé des produits toxiques qui ont plongé le monde dans une gigantesque crise, affectant durablement la consommation des ménages et les investissements. Seule la mobilisation de milliards $ par les Etats, a pu sauver le système bancaire international d’un crash généralisé. 

Depuis, les allocations de capitaux, qui se sont concentrées sur quelques grandes d’entreprises dans le cadre de méga-fusions ou acquisitions, ont permis à la finance internationale de générer plus de profits qu’il n’en était nécessaire. Une situation qui a installé un grand fossé parmi les acteurs économiques. Ainsi, en 2016, le top 100 des entreprises dans le monde a concentré 40% des profits réalisés au sein de l’économie globale.

Ce constat de la CNUCED est en étroite adéquation avec de nombreux autres éléments de l’actualité récente. Si ce déséquilibre est durement ressenti dans les pays développés, ses effets sont encore plus dramatiques dans les pays en développement, notamment africains. Selon les études menées par le Panel de Naut Niveau sur les flux financiers dans la région, l’Afrique est devenue une créancière nette de l’économie internationale. En effet il est désormais établi, que les capitaux sortis du continent sont plus importants que toutes ses dettes internationales.

L’institution onusienne plaide donc pour une finance et un investissement plus inclusifs, qui placent l’humain au centre des enjeux. Ce vœu n’est pas une nouveauté. Selon une récente enquête menée par la firme d’audit Ernst & Young, de plus en plus d’investisseurs, se disent attentifs à ce que leurs argents soit placé sur des projets, soucieux des normes environnementales, sociales et de bonnes pratiques de gouvernance (ESG).

De nombreuses multinationales ne manquent pas, elles aussi, de publier dans leurs rapports annuels, un ensemble d’activités menées dans le sens d’un engagement ESG. Cependant la réalité des faits démontre que ces bonnes intentions cèdent trop souvent aux lois quotidiennes du business. Et la logique extractive reste forte, au propre comme au figuré.

Ecofin

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