Selon la Banque Mondiale, d’ici 2030 les pays devront dépenser 150 milliards de Dollars en matière d’accès aux services d’eau et d’assainissement

services d’eau et d’assainissement

«Les pays devront dépenser 150 milliards de dollars par an pour atteindre d’ici 2030 l’objectif de développement durable (ODD) relatif à l’accès à des services d’eau et d’assainissement durables, selon un rapport de la Banque mondiale (BM)», publié sur son site web.

Ce chiffre, qui représente quatre fois plus que les pays investissent actuellement dans l’approvisionnement en eau, assainissement et l’hygiène, parait irréalisable pour la plupart des entités.

Lancée depuis deux ans dans le cadre de la Semaine mondiale de l’eau, tenue cette année du 27 août au 1er septembre 2017 à Stockholm (Suède), l’Etude de la BM couvre 18 pays à travers le monde.

«Les pays doivent radicalement changer leur façon de gérer les ressources et de fournir les services de base. Pour commencer, ils doivent mieux cibler les bénéficiaires pour être sûrs d’atteindre les populations qui ont le plus besoin, et rationaliser l’utilisation des ressources afin d’assurer la pérennité et l’efficacité des services publics», préconise la banque mondiale.

«La nécessité d’une coordination des interventions dans les domaines de l’eau, de la santé et de la nutrition pour avancer sensiblement dans la lutte contre le retard de croissance et la mortalité chez les jeunes enfants», a été relevé par le rapport de la BM.

L’étude analyse de façon exhaustive les indicateurs de l’eau et de l’assainissement, en mettant pour la première fois en lumière des régions précises à l’intérieur des pays, dans lesquelles les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène sont insuffisants. Elle souligne les écarts importants en la matière entre les zones urbaines et rurales, les zones pauvres et les autres, explique la BM.

«Des millions d’individus se trouvent aujourd’hui inexorablement pris dans le piège de la pauvreté à cause de l’inefficacité des services d’eau et d’assainissement qui est un facteur du retard de croissance. Il faut davantage de ressources ciblant les zones à forte vulnérabilité et à faible accessibilité pour combler les déficits», note le rapport.

«Ce rapport est une feuille de route pour y parvenir», selon Guangzhe Chen, directeur principal du pôle mondial d’expertise en eau de la Banque mondiale.

L’étude relève particulièrement les «disparités très marquées entre les zones urbaines et rurales. Dans l’ensemble des 18 pays, 75 % des personnes n’ayant pas accès à des services d’assainissement améliorés vivent en milieu rural et seuls 20 % de ces populations rurales ont accès à des sources d’eau améliorées».

Le rapport est un cadre de référence et d’orientation qui se propose d’aider les responsables des politiques à mieux cibler leurs investissements pour rapprocher les services de base des populations, explique la BM.

Durant deux années, les équipes de recherche ont rassemblé des données sur l’accès aux services d’eau, d’assainissement et d’hygiène et sur la qualité de ces services, notamment au Nigéria, Indonésie, le Bengladesh, l’Equateur et Haïti.

Ainsi, au Nigeria, plus de 60% de la population rurale vit à plus de 30 minutes d’une source d’eau utilisable.

En Indonésie, il a été relevé que 5% seulement des eaux usées urbaines sont traitées et éliminées dans de bonnes conditions de sécurité.

Au Bangladesh, il a été constaté que la bactérie E. coli était présente dans pratiquement 80% des prélèvements d’eau courante, dans les mêmes proportions que dans les échantillons d’eau stagnante.

En Equateur, le rapport indique que 24% de la population rurale boit de l’eau contaminée 21% des enfants souffrent de retard de croissance et 18% d’insuffisance pondérale, alors qu’à  Haïti il a été relevé que l’accès à des sources améliorées d’eau potable a reculé au cours des 25 dernières années.

«Si dans de nombreux pays les services n’atteignent pas les populations pauvres, c’est moins en raison de la qualité des politiques publiques que de la médiocrité de leur mise en œuvre – et ce sont nos enfants qui en paient le prix», note la Banque mondiale dans son rapport.

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