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M. Souhil Meddah, directeur général du cabinet RMG Consulting « La baisse du taux de la réserve obligatoire répond à un besoin de liquidités »

Après avoir baissé les taux de la Réserve obligatoire de 12% à 8% en 2016, la Banque d’Algérie a décidé de le baisser encore une fois à 4%. La Banque centrale a justifié cette baisse par l’assèchement des liquidités bancaires induit par la crise pétrolière.

Interrogé à ce sujet, M. Souhil Meddah, directeur général du cabinet RMG Consulting, une société spécialisée dans les services financiers, explique que «  la principale inquiétude de la Banque d’Algérie, en tant qu’institution régulatrice c’est de maintenir en amont la soutenabilité financière de l’économie nationale. Pour répondre à ce besoin, plusieurs instruments ont été mis en œuvre comme la dévaluation du dinar pour booster les valeurs fiscales convertibles en dinars, la suspension d’absorption de l’excès de liquidité et la baisse du taux de réescompte…etc. », ajoutant « un abaissement du taux de réserves obligatoires, est aussi un instrument d’ajustement pour le financement de l’activité économique. Car il s’agit en amont de répondre aux besoins de liquidités, non pas en injectant des financements supplémentaires, mais en limitant en amont le recours démesuré à l’épargne des banques primaires ».

Pour M. Meddah, « il s’agit également d’un ajustement en aval, impliquant le système bancaire de jouer son rôle très important de soutien à la locomotive du financement de l’économie nationale à travers les financements et crédits sous toutes leurs formes (Investissement, exploitation et consommations …. Etc.) ».

La Banque d’Algérie a déjà instauré des mesures comme les opérations d’open market, la suspension d’opération d’absorption de l’excès de liquidité et la baisse du taux de réescompte de 4% à 3.5%. Cependant, il semblerait que ces mesures  n’ont pas suffit à doper les capacités de financement des banques.

A ce propos, notre interlocuteur précise qu’« il existe d’autres mécanismes comme le refinancement avec un taux de réescompte abaissé, ils peuvent entre autre contribuer comme des ressources et ensuite comme des emplois par effet de levier entre le financement reçu moyennant d’une rémunération entre la Banque d’Algérie avec les banques primaires par rapport aux banques primaires vers les demandeurs de financement (investisseurs, opérateurs économiques, ménages…etc.) »., poursuivant « la création monétaire joue aussi le rôle à travers la demande du crédit, mais obéit aussi à une autre règle de limitation des réserves fractionnaires. Donc, la baisse du taux de la réserve obligatoire permet à un certain degré aux banques primaires de disposer de plus d’épargne possible pour soutenir la création monétaire. C’est un instrument d’ajustement ».

Selon la Banque centrale, l’objectif de cette baisse est de libérer des marges supplémentaires de liquidités aux banques et de les doter de capacités d’appui au financement de l’économie, sachant que les banques ont participé aux différents emprunts obligatoires lancé par l’Etat.

A cet égard, M. Meddah, a souligné qu’ « un emprunt obligataire doit s’alimenter à partir des valeurs statiques c’est à dire l’épargne. Mais pour l’emprunt national de 2016, beaucoup d’opérateurs ont misés sur cette opération au même titre qu’un investissement en comparant les opportunités entre investir ou faire des placements garantis, ce qui a provoqué des basculements de provisions entre comptes ».

Et d’ajouter «  la règle d’ajustement énoncée doit aussi s’accompagner par une activité économique créatrice de valeur plus large et plus consistantes, car les réserves épargnées sont naturellement alimentées directement o indirectement par les opérateurs économiques en premier lieu ».

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