Mustapha Zebdi, président de l’APOCE à Algérie-Eco : « Nous demandons au ministère du Commerce de réviser le décret qui fixe le prix du pain »

Mustapha Zebdi
Le président de l’Association Algérienne pour la Protection des Consommateurs et son Environnement (APOCE), MZebdi réagit dans cet entretien aux dernières informations faisant état de l’augmentation du prix du pain. MZebdi considère que le prix du pain subventionné est déjà augmenté vu que son prix réel fixé par l’Etat est de 7,50Da alors qu’il se vend actuellement à 10 Da.
 
Algérie-Eco : Les boulangers reviennent à la charge en demandant l’augmentation du prix du pain. Selon le secrétaire général de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Salah Souilah, il s’agit d’une ancienne revendication à laquelle le gouvernement fait la sourde oreille. M.Souilah a ainsi invité le ministère du Commerce à prendre en considération cette revendication, signifiant que les boulangers sont décidés à aller vers la grève. En tant que président d’une association de protection du consommateur, quel commentaire faites-vous à ce sujet ?
 
MZebdi : Il faut reconnaitre que ce n’est pas du tout le moment de parler d’augmentation du prix du pain. Certes on est avec leur souffrance, mais il faut voir avant tout, l’intérêt du consommateur. Il faut qu’il y ait un débat. Il faut reconnaitre aussi que le prix réel de la baguette de pain est à 8,50 da, alors qu’il est cédé depuis quelques années à 10 DA. Le faire augmenter à 12 DA ce n’est pas une solution. Certes nous sommes actuellement en trêve avec les boulangers car nous considérons que leur revendication concernant la hausse de la marge bénéficiaire légitime, mais actuellement, le prix du pain subventionné est déjà plus que son prix réel c’est-à-dire 7,50 Da car le pain ordinaire se vend à 10 Da et le pain amélioré à 15 ou 20 Da. Donc nous ne comprenons pas cet acharnement pour l’augmentation du prix du pain. Je dirai aussi qu’il y a certains commerçant spéculateurs qui cherchent à semer le trouble au sein des boulangers, surtout à l’approche du mois de Ramadhan.
 

Comment l’APOCE peut réagir à ce sujet ?

D’abord nous avons demandé au ministère du commerce de réviser le décret qui fixe le prix du pain à 7,50 da pour le pain ordinaire et 8,50 DA pour le pain amélioré. Il faut changer le prix et le fixer à 10Da comme il se vend actuellement. Car nous recevons des requêtes de la part de certains commerçants qui font la différence entre le prix du sachet de lait subventionné et celui du pain. C’est une situation très embarrassante rendant certains commerçants à trouver comme prétexte le prix du pain pour augmenter par exemple celui du sachet de lai. Aussi, nous relevons un fait très bizarre, celui  de l’absence de pain ordinaire alors que la production du pain amélioré a doublé. Et quand nous parlons du pain amélioré, c’est juste du pain ordinaire ajoutant des olives ou quelques épices. Alors que ce dernier se vend à près de 20 Da la baguette. Ce n’est pas juste et ce n’est pas logique. Il faut que le pain ordinaire soit à la disponibilité des consommateurs. Certains boulangers profitent de cette situation pour arrêter la production du pain ordinaire et produire seulement le pain amélioré.
 

Il y a la tenue du premier salon du bénévolat qui se tiendra à Oran le 13 mai. Est-ce que l’APOCE prendra part à cet événement ?

Oui bien sûr, l’APOCE à travers ces bureaux à Oran sera au rendez-vous au côté de 50 autres associations qui prendront part à cette manifestation. L’APOCE a arrêté un programme spécial et va organiser des ateliers pour mieux orienter et sensibiliser les consommateurs sur le sujet du bénévolat, surtout que cet événement est organisé quelques jours seulement avant le mois sacré du Ramadhan.
 

Justement en parlant du mois de Ramadhan, l’APOCE nous a habitués à tracer à programme spécial avant et durant ce mois. Que prévoyez-vous dans ce sens ?

Vu la conjoncture actuelle, nous allons commencer d’abord, et ce dès la semaine prochaine à lancer une campagne de sensibilisation contre les intoxications alimentaires. Car comme chaque année, les consommateurs se ruent vers les produits généralement qui se vendent dans les marchés informels à l’exemple des boissons comme le « Charbet » et qui se retrouvent souvent confrontés à des produits non conformes à la sécurité d’hygiène. Aussi, nous avons deux grands projets que nous souhaitons faire aboutir  et qui nécessitent une collaboration étroite avec les ministères concernés. Il s’agit d’abor du ciment, et ensuite lancer une campagne de sensibilisation pour identifier et dénoncer les chambres frigorifiques informels.