Macron au second tour : une victoire pour Alger ?

Macron au second tour

Seul candidat à la présidentielle française à faire le déplacement  à Alger dans le cadre de sa campagne électorale, Emmanuel Macron vient de se qualifier haut la main au deuxième tour en caracolant  en tête du peloton, une position qui lui assure de passer sans coup férir au deuxième tour du scrutin à la magistrature suprême  avec un score de 23,8% voix, en supplantant ses concurrents.

Lors de sa visite en Algérie, il a qualifié Alger «  d’ étape incontournable » de  sa campagne présidentielle .

Le candidat Macron a  insisté dans toutes ses déclarations  sur l’importance des « liens qui unissent » les deux pays, dévoilant sa vision du partenariat Algéro-Français. Un partenariat stratégique, selon lui, dont les trois principaux axes sont l’éducation, l’économie et la culture.

Il s’est surtout illustré par ses déclarations courageuses  vilipendant la colonisation et l’assimilant à un crime contre l’humanité : « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes » a-t-il affirmé sur un ton déterminé réitérant ses propos dans moult occasions et à chaque fois que la question était soulevée, une conviction dont il ne s’est pas départie tout au long de sa campagne en dépit du tollé et des cris d’orfraie dont il a fait l’objet de la part de la vielle garde nostalgique qui trouve des bénéfices à la présence centenaire de la France en Algérie.

Cette position sincère de Macron par rapport à la problématique mémorielle, sujet de polémique et de débats houleux, a été bien accueillie et perçue comme un signal fort à l’adresse d’Alger qui engage une promesse d’une nouvelle ère moins tourmentée dans les relations bilatérales qui s’ouvrirait si le jeune créateur d’En Marche venait à prendre les commandes de l’Elysée.   

Si du point de vue politique, on y voit plus clair dans la démarche de l’ancien ministre sous la présidence d’Hollande, la question lancinante qui  taraude l’esprit est celle de sa vision  des relations économiques entre les deux pays. L’Algérie sera-t-elle comme, elle l’a toujours été  pour les gouvernements de droite comme de gauche, qui se sont succédés ces dix dernières années: un marché à conquérir?

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Cela dépendra bien entendu de la volonté du « futur » président à développer un partenariat équitable, particulièrement dans le domaine industriel, dans l’intérêt des deux pays. Mais pas seulement !  L’Algérie doit également défendre ses intérêts et  faire valoir ses atouts. Favoriser des projets industriels conjoints, développer le rapprochement entre PME/PMI innovantes, investir massivement dans les énergies renouvelables et dans l’économie numérique  sont les domaines qu’il faut privilégier. C’est là les enjeux d’une relation à construire loin des « querelles politiques stériles ».

Bessa, Résidence la Pinède