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Nobel d’économie: croissance et marché du travail favoris

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La saison 2016 des Nobel se poursuit lundi avec le prix en Sciences économiques qui pourrait récompenser des spécialistes de la croissance, comme l’économiste en chef de la Banque mondiale, Paul Romer, ou du marché du travail.

Dernier-né des Nobel, le « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel » a été créé en 1968 et décerné pour la première fois l’année suivante. Il doit être annoncé lundi à 11H45 (09H45 GMT).

The graduate Fair

Le comité a pris l’habitude de récompenser le plus souvent des duos ou trios d’économistes mais en 2015 un seul chercheur, l’Américano-britannique Angus Deaton, avait été distingué, « pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être ».

Parmi ses potentiels successeurs figurent l’Américain Paul Romer, 60 ans, qui a été rendu célèbre par ses travaux sur la croissance endogène. Le nouvel économiste en chef de la Banque mondiale et favori selon le quotidien suédois Dagens Nyheter, avait d’ailleurs été présenté par son université comme lauréat du prix lors d’une invitation à une conférence de presse prévue ce lundi. Invitation qui depuis a été retirée.

Ses compatriotes William Baumol, 94 ans, spécialiste du marché du travail, et Jagdish Bhagwati, auteur de recherches sur la théorie des échanges qui font référence, figurent également parmi les noms cités pour le Nobel.

Né en Inde en 1934, ce dernier a joué « un rôle capital, quoique subtil, pour empêcher le protectionnisme d’acquérir ses lettres de noblesse » selon l’un de ses anciens élèves, Paul Krugman, primé en 2008.

Esther Duflo, candidate idéale?

Sur les 76 lauréats du prix, 55 ont la nationalité américaine. Si cette année le comité Nobel décidait de distinguer un chercheur d’une autre nationalité, son choix pourrait se porter sur le Français Olivier Blanchard, 67 ans, spécialiste du marché du travail qui a quitté en 2015 son poste d’économiste en chef du Fonds monétaire international, ou le Suédois Lars E.O. Svensson, 68 ans, pour ses travaux sur la politique monétaire.

D’autres sommités américaines sont également citées comme Douglas Diamond, né en 1953, et Philip Dybvig, 61 ans, pour leur travail sur les paniques financières, ou Robert Townsend, né en 1948, pour son analyse du rôle des systèmes financiers dans les économies en développement.

Enfin, Michael Woodford, spécialiste du monétarisme, et Robert Barro, 72 ans, qui a travaillé sur les déterminants de la croissance, sont aussi considérés comme des candidats sérieux.

Quant aux femmes, elles sont les grandes absentes du palmarès du prix. Seule une, Elinor Ostrom, a été récompensée, en 2009.

La Franco-américaine Esther Duflo, 43 ans, serait une lauréate idéale, selon l’économiste suédois Micael Dahlén, interrogé par le quotidien Svenska Dagbladet. « Car il est grand temps qu’une femme obtienne le prix, que quelqu’un en-dessous de l’âge de la retraire obtienne (cette récompense), car ses recherches constituent une percée dans la connaissance des liens entre pauvreté et économie », a-t-il expliqué.

Le prix d’économie est l’avant-dernier de cette saison Nobel après ceux de médecine, physique et chimie annoncés à Stockholm, et le prix de la paix annoncé vendredi à Oslo. Le nom du lauréat du prix de littérature sera dévoilé jeudi.

Le Nobel –un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 8 millions de couronnes (828.000 euros)– sera remis le 10 décembre.

Voici la liste des lauréats des dix dernières éditions du prix Nobel d’économie décerné lundi à Stockholm.

2015: Angus Deaton (Grande-Bretagne/États-Unis) « pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être ».
2014: Jean Tirole (France), pour son « analyse de la puissance de marché et de la régulation ».
2013: Eugene Fama, Lars Peter Hansen et Robert Shiller (États-Unis), pour leurs travaux sur les marchés financiers.
2012: Lloyd Shapley et Alvin Roth (États-Unis), pour leurs travaux sur la meilleure manière d’accorder offre et demande sur un marché, avec des applications dans le don d’organes et l’éducation.
2011: Thomas Sargent et Christopher Sims (États-Unis), pour des travaux permettant de comprendre comment des événements imprévus ou des politiques programmées influencent les indicateurs macroéconomiques.
2010: Peter Diamond et Dale Mortensen (États-Unis), Christopher Pissarides (Chypre/Grande-Bretagne), un trio qui a amélioré l’analyse des marchés où l’offre et la demande peinent à se rencontrer, principalement sur le marché du travail.
2009: Elinor Ostrom et Oliver Williamson (États-Unis), pour leur travaux séparés montrant que l’entreprise et les associations d’usagers sont parfois plus efficaces que le marché.
2008: Paul Krugman (États-Unis), pour ses travaux sur le commerce international.
2007: Leonid Hurwicz, Eric Maskin et Roger Myerson (États-Unis), pour leurs travaux fondés sur les mécanismes d’échanges destinés à améliorer le fonctionnement des marchés.
2006: Edmund Phelps (États-Unis), pour avoir démontré que la priorité donnée à une politique anti-inflationniste avait des effets bénéfiques à long terme sur la croissance.
Ce prix, officiellement dénommé « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », est le seul non prévu dans le testament de l’inventeur suédois de la dynamite.
Il a été institué en 1968 par la Banque centrale de Suède, et décerné pour la première fois en 1969. Les autres prix Nobel (médecine ou physiologie, physique, chimie, littérature et paix) ont tous été attribués pour la première fois en 1901.

Source : AFP

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