Pétrole: Le malheur des uns fait le bonheur des autres

production de pétrole si nécessaire
Selon les estimations du service d’information du ministère américain de l’énergie (EIA) les 13 pays membres de l’OPEP auraient perdu environ 6O milliards de dollars depuis l’effondrement des prix du pétrole qui avait  commencé en juin 2014. Le déclin, aussi subit qu’important, des prix des hydrocarbures qui avaient, on s’en souvient, plongé à moins de 30 dollars le baril au début 2016, a réduit de moitié les recettes des pays exportateurs de brut  qui sont ainsi passées de 753 milliards de dollars en 2014 à, à peine 404 milliards en 2015.
Les prix s’étant maintenus durablement à la baisse durant l’année 2016, tout porte à croire que les recettes pétrolières des membres de l’OPEP seront encore moins bonnes cette année. L’EIA estime en effet ces recettes à environ 341 milliards de dollars contre 404 milliards l’année précédente, soit une perte colossale de 63 milliards de dollars.
Le malheur des pays de l’OPEP fait évidemment le bonheurs des pays consommateurs de pétrole dont l’effondrement des cours a permis de réduire conséquemment le coût des inputs énergétiques. La réduction significative des prix du pétrole et du gaz qui lui sont indexée est de surcroît arrivée à point nommée pour relever quelque peu la croissance et la compétitivité de certains pays industrialisés (cas de la France) dont l’économie commençait à battre sérieusement de l’aile. La France et la Belgique auraient réduit leurs factures pétrolières d’environ 40 milliards de dollars qui ont apportées une bouffée d’oxygène à de nombreuses entreprises au bord du dépôt de bilan.
Si les économies des pays exportateurs de pétrole commencent à s’enliser dans une grave crise d’accumulation, ce n’est à l’évidence pas du tout le cas des pays consommateurs qui, bien au contraire, réalisent d’importantes économies du fait de la réduction de la facture pétrolière.  Les économies ainsi réalisées aideront, comme on le voit déjà dans certains pays industrialisés, les entreprises à améliorer leurs trésoreries et à accroître leurs performances productives.
Il y aurait, selon le très sérieux service d’information du ministère américain de l’énergie (EIA) de fortes chances que les recettes d’hydrocarbures se redressent sous l’effet conjugué d’une certaine hausse des prix du brut et d’une augmentation des volumes exportés. L’AIE va même jusqu’à quantifier ces recettes prévisionnelles qu’elle estime à environ 427 milliards de dollars, soit une progression appréciable de 25%.
Ces prévisions sont évidemment à prendre avec prudence, car si la croissance économique mondiale peine à redevenir forte et durable, la production de pétrole et de gaz n’arrêtent par contre pas d’augmenter. Boostée par les rivalités entre l’Arabie Saoudite et l’Iran qui pompent le maximum de pétrole pour préserver leurs parts de marché, les nouvelles découvertes d’hydrocarbures à travers le monde, mais aussi et surtout, l’arrivée de quantités de plus en plus importantes d’hydrocarbures non conventionnels (sables bitumeux, gaz de schistes), qui maintiendront pour longtemps encore la surabondance sur les marchés d’hydrocarbures. Il faudrait alors une très forte reprise de l’économie mondiale pour écumer ces surstocks et permettre aux prix du pétrole de repartir à la hausse de manière forte et durable.

Hassi Messaoud Expo