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Campagne céréalière 2016: perte de 30% de la superficie semée à cause de la sècheresse

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Près d’un (1) million d’hectares semés en céréales pour la campagne 2016 ont été perdus suite au déficit hydrique enregistré durant l’hiver dernier, selon le directeur général de l’Institut technique des grandes cultures, Omar Zaghouane.

« Ce stress hydrique a fait que plus d’un tiers de la superficie ensemencée se trouve sinistré et perdu. Donc la production qui sera récoltée représente les deux tiers de la superficie semée laquelle est estimée à 3,3 millions hectares »,  a déclaré à l’APS le même responsable.

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En outre, des gelées (en dessous de 0°) observées début mai à Tiaret, Tissemsilt et Chlef ont accru les superficies sinistrées puisque « les plantes ont été complètement éclatées », fait-il savoir.

En conséquence, le volume de la récolte céréalière, dont la campagne de moisson se terminera à la fin août prochain, ne sera pas très différent de celui de l’année 2015 qui avait enregistré une production de 40 millions de quintaux.

La sècheresse qui a sévi ces trois dernières années s’est répercuté négativement sur la récolte céréalière du fait de sa forte dépendance des pluies.

Néanmoins, les pluies tombées en février dernier ont permis aux cultures de reprendre et de sauver quelque peu la campagne: « Les agriculteurs ont continué à y croire dont certains avaient même semé une deuxième fois en janvier après l’ensemencement de novembre ».

Le retour des pluies en février et mars a permis d’obtenir un grain de qualité contrairement à la campagne précédente où le stress hydrique s’était produit en phase finale, ce qui a influé sur la qualité du grain et donc du rendement.

Par ailleurs, il est observé que cette campagne s’est caractérisée par une hausse à 2,4 millions de quintaux (contre 2,1 millions de quintaux en 2015) des quantités de semences certifiées qui ont été distribuées aux agriculteurs, ayant permis de contrebalancer relativement l’impact du stress hydrique.

« C’est un seuil jamais atteint auparavant. Cela dénote de la conscience des agriculteurs quant à l’utilisation des semences de qualité en vue d’éviter les maladies touchant les céréales et d’avoir de bons rendements », note le même responsable.

Trois saisons céréalières sur dix sont bonnes

Pays aride et semi-aride, l’Algérie devient de plus en plus sensible au stress hydrique: En moyenne, seulement trois saisons céréalières sur dix sont bonnes, selon les constats des instituts techniques spécialisés en agronomie.

« La seule solution est d’apporter une irrigation d’appoint ou de complément », insiste M. Zeghouane.

Or, le programme d’équipement des parcelles en système économiseur d’eau n’a pas donné les résultats escomptés malgré le soutien accordé par le gouvernement à l’acquisition de ce genre d’équipements, qui peut atteindre jusqu’à 60% du coût de ces derniers.

La superficie équipée en système d’irrigation d’appoint est estimée actuellement à 240.000 ha environ alors que l’objectif est d’arriver à 600.000 ha dans la filière céréales sur les trois prochaines années.

Zeghouane attribue cette situation à plusieurs facteurs dont celui du coût d’investissement trop élevé pour les agriculteurs: « 90% des exploitations ont moins de 10 ha, cela veut dire que ces agriculteurs n’ont pas les moyens d’investir dans ce créneau ».

Il cite aussi le rôle des banques qui demeurent réticentes au financement du secteur agricole du fait des risques qui le caractérisent.

Afin d’augmenter la superficie céréalière irriguée, il préconise que les transformateurs (minotiers et semouliers) doivent s’investir dans l’accompagnement des agriculteurs dans l’acquisition des équipements d’irrigation.

Actuellement, les industriels de la filière céréales se limitent dans l’investissement dans les intrants (engrais, produits phytosanitaires).

« Ce n’est pas suffisant. Il faut aller vers des investissements plus importants en équipements pour faire face à ce problème de déficit hydrique », suggère-t-il.

L’implication des industriels est d’autant plus nécessaire vu la conjoncture économique du pays qui se caractérise par la réduction des financements de l’Etat.

Amélioration du rendement dans le sud du pays

Au Sud du pays, la campagne céréalière 2015-2016 s’est achevée début juin avec une récolte meilleure que la précédente mais qui demeure en deçà des attentes, souligne à l’APS le directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), Mohamed Belabdi.

« Cette année, la récolte obtenue au sud du pays est meilleure que celle enregistrée durant la campagne précédente. Nous avons même atteint des pics de rendement allant de 70 à 75 quintaux/hectare », selon lui.

Mais en moyenne, le rendement par hectare est de 45 quintaux dans le sud, ce qui est en deçà des objectifs attendus: « C’est insuffisant parce que si nous misons sur le sud, c’est pour avoir de meilleurs rendements dans les superficies irriguées ».

 

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