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Abdelhak Lamiri, expert et consultant en économie à Algérie-Eco : « Les décideurs ont commencé à faire des efforts pour l’économie du pays »

 Algérie-Eco : L’économie algérienne est « forte » et « stable » comparée aux autres économies des pays de la région, a estimé récemment la journaliste américaine, Kaitlin Lavinder, mettant en exergue les efforts des pouvoirs publics en vue de sa diversification. Quel commentaire faites-vous à cet article?

MLamiri : Pour ce qui est de l’économie algérienne, il ne faut être ni alarmiste ni trop optimiste. Les décideurs ont commencé à faire les efforts qu’il faut pour éviter une propagation de la crise. Elle est donc contenue. Des efforts de la part des citoyens et de l’état sont encore nécessaires. Mais les dispositions budgétaires préliminaires vont dans le bon sens : arrêter de financer des infrastructures tout azimut, mettre plus de ressources dans la diversification économique etc. Mais cela ne sera pas suffisant pour être une économie émergente. Cela veut dire qu’avec les mesures actuelles nous seront une économie moyenne, nous éviterons l’approfondissement de la crise et la paupérisation. Mais il faut d’autres mesures pour rattraper les pays émergents.

Que pensez-vous également du dernier rapport du FMI qui a appelé les pays exportateurs de pétrole comme l’Algérie à plus de rigueur budgétaire?

C’est une évidence. Ce serait la même chose que lorsqu’un médecin préconise une saine alimentation, pas d’alcool et pas de tabac. Nous avons besoin de rigueur budgétaire à tout moment et spécialement maintenant que les ressources sont rares. C’est une tautologie.

Le Fonds Monétaire International signe et persiste : L’Algérie doit s’endetter pour s’en sortir face à la crise financière qui la frappe de plein fouet. Quel commentaire faites-vous dans ce sens ?

Pour ce qui de l’endettement il y lieu de séparer la question en deux blocs. Vu le poids du passé et l’inertie de beaucoup de dépenses notre pays ne peut pas éviter de recourir à l’endettement interne. Ce qui a déjà commencé avec les bons publics. On ne peut l’éviter. Tandis que l’endettement externe n’est pas inévitable. On peut ne pas y recourir si on réduit drastiquement les dépenses d’équipement (par budget public) financées par le trésor. Il faut que l’essentiel des financements soit hors budget. On peut financer une deux entreprises seulement par l’extérieur (Sonatrach et Sonelgaz). L’endettement extérieur peut être évité et si on y recours il doit être minimal.

Pensez-vous que le nouveau code des investissements pourrait apporter un plus dans la nouvelle stratégie économique de l’Algérie?

Le code des investissements introduit un léger mieux mais pas des mesures extraordinaires. Il ne faut pas s’attendre à ce que la solution vienne des IDE ou du code des investissements. Il faut que l’état joue sur les leviers principaux pour booster l’investissement (le crédit, la bureaucratie, le foncier, l’économie numérique etc.°).

Entretien réalisé par Imène A. 

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