Le nouveau modèle économique doit avant tout exprimer une vision partagée

A la veille de la tripartite prévue ce dimanche, nous avons rencontré Dr Brahim BENABDESLEM, Vice- Président chargé de l’économie au FCE, qui nous a livré ces impressions.

AE : A votre avis que doit refléter ce nouveau modèle économique ?

B.B : Un plan national de développement doit avant tout exprimer une vision claire sur ce que nous voulons faire de notre pays (économiquement parlant) à l’horizon  15-20 ans. Cette vision doit être partagée et doit impérativement faire l’objet d’un consensus national. En d’autres termes la vision doit être portée non seulement par l’exécutif mais par toutes les parties prenantes.

Une fois adoptée, la vision doit se traduire par des plans de mise en œuvre et là deux préalables importants apparaissent : l’arbitrage et le pilotage. Le premier c’est le choix des secteurs d’activité, car c’est du  choix des secteurs « prioritaires » que s’opère l’allocation des ressources. Le deuxième c’est le système national de pilotage nécessaire pour non seulement le suivi de la mise en œuvre mais également pour les réajustements nécessaires du plan en fonction de l’évolution de la conjoncture nationale et internationale ;

 AE : En parlant du choix de secteurs, quelle est la position du FCE ?

B.B : Dans le plaidoyer remis aux autorités trois secteurs d’activité ont été  identifiés, dans cette phase de l’évolution de notre économie et au regard de la conjoncture internationale, comme étant prioritaire : le secteur de l’agriculture et l’agro-industrie, le secteur de l’énergie, et le secteur du numérique.

Le choix est porté sur ces trois secteurs pour des raisons évidentes. Pour le premier, il est claire qu’un pays qui ne produits pas ce mange ses enfants est un pays fragilisé voir vulnérable. Nous importons  chaque année 10 milliard de $ de produits alimentaires ! Es ce normale pour un pays comme l’Algérie !! Je dis non. Toutefois je dois préciser que pour le FCE la priorité est donnée aux céréales et au lait car  si on atteint notre autosuffisance à ce niveau on économise plus de 50% de la facture d’importation. Je saisie l’occasion que vous me donnez  pour vous annoncer que nous avons pré-validé la semaine dernière une étude réalisée par des experts algériens sur le secteur de l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. Nous comptons présenter les recommandations de cette étude en matière de politiques à mettre en œuvre dans les tout prochains jours. S’agissant du second secteur c’est celui de l’énergie, je dois dire d’emblé que s’il y a un secteur ou l’Algérie peut jouer rapidement dans la cours des grands c’est bien celui là. Le potentiel de l’Algérie est inégalable et la proximité avec le premier marché mondial, l’Europe, est une opportunité inestimable. C’est pourquoi nous avons lancé le club Energia. Ce club présentera bientôt une réflexion sur le positionnement de l’Algérie sur le marché des énergies renouvelables et particulièrement dans l’énergie solaire. Enfin le troisième secteur est celui du  numérique, car vous comprenez bien que rien ne peut se développer sans l’utilisation de ces nouvelles technologies et sans une infrastructure numérique capable d’apporter le soutien nécessaires aux autres secteurs.

AE : Mais cela nécessite un environnement des affaires qui facilite l’investissement ?

B.B : Oui, il est bien entendu claire qu’on ne peut pas envisager une avancée sur ces trois secteurs, voir d’autres, si la « vie » des entreprises et des entrepreneurs n’est facilité. Je pense aux secteurs transverses qui doivent accompagner ce plan de développement. C’est ce que j’appelle les 4 F : Financement, Fiscalité, Foncier, et la Formation. Pour allez vite et obtenir des résultats, les entreprises et plus particulièrement celles qui relèvent des secteurs prioritaires, doivent disposer de financements étudiés, d’une fiscalité adaptée, du foncier nécessaire et d’une main d’œuvre qualifiée.

AE : Etes vous confiant ?

B.B : Tout d’abord, il faut le dire et le répéter, l’Algérie traverse une période difficile mais qui présente une opportunité réelle de changement. Les limites de l’état acteur économique sont maintenant connues et aujourd’hui tout le monde admet que le vrai acteur de création de richesse durable c’est l’entreprise et en particulier l’entreprise privé nationale.

MDI Alger

Toute la question est donc : comment faire émerger un secteur privé national compétitif capable d’être le relais d’une croissance forte et durable car c’est de cela que dépend en grande partie l’avenir économique de l’Algérie.

Bessa, Résidence la Pinède