Veolia et Suez miroitent le marché de la dépollution industrielle chinoise

A l’instar de Veolia et Suez, les géants mondiaux du traitement de l’eau et des déchets miroitent avec une envie non dissimulée le marché chinois. En effet, la Chine entre depuis peu dans une guerre contre la pollution en durcissant les contraintes environnementales sur les industriels, principaux producteurs de déchets et de substances toxiques.

Cette prise de conscience de la Chine, pourtant connue pour avoir longtemps fermé les yeux sur les conséquences environnementales au profit du dynamisme économique et industriel du pays, a indéniablement été boostée par l’explosion meurtrière d’un entrepôt de produits chimiques dans le port de Tianjin, en août 2015. Faisant de la lutte contre les pollutions chimiques, un enjeu national.

C’est d’ailleurs Veolia, avec son centre de traitement de déchets dangereux idéalement situé (à une trentaine de kilomètres), qui a pu prendre en charge l’eau contaminée utilisée pour éteindre le feu.

La Chine, est le premier producteur de déchets solides industriels de la planète, avec quelque 3 milliards de tonnes générées en 2014, et plusieurs millions de tonnes de déchets toxiques. Or, 30% des eaux usées industrielles sont rejetées telles quelles dans l’environnement, selon les chiffres du gouvernement chinois, qui a lancé l’an dernier un plan d’action contre la pollution de l’eau.

Alors qu’ils ont tous les deux fait des clients industriels une de leur priorité stratégique à moyen terme, Veolia et Suez ont trouvé en Chine un marché et un segment à haute valeur ajoutée, à la dimension de leur ambition et de leur rivalité.

« Nous visons un doublement de notre chiffre d’affaires consolidé d’ici 2018 » en Chine, dont « un tiers sera dans l’eau industrielle et un tiers dans les déchets toxiques », a ainsi affirmé le PDG de Veolia Antoine Frérot, en déplacement cette semaine dans le pays.

L’an dernier le groupe y a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 600 millions d’euros (dont Hong Kong) et de 1,3 milliards d’euros au prorata des participations de Veolia dans les co-entreprises où il est présent.

Pour les marchés industriels, il possède 6 sites d’incinération de déchets toxiques et quatre en construction.

Le groupe vise « 25% à terme de parts de marché » sur ce segment, selon Régis Calmels, son président pour l’Asie.

De son côté Suez exploite l’incinérateur de déchets dangereux du parc industriel pétrochimique de Shanghai (SCIP) et est en train de construire une autre unité à Nantong (province de Jiangsu).

Mais le Français a surtout percé dans la gestion de l’eau pour les grands complexes industriels spécialisés répartis sur le territoire.

Outre le SCIP, dans l’escarcelle de Suez depuis 2002, le groupe intervient sur dix autres complexes industriels, qui trouvent ainsi un moyen de mutualiser les actions de limitation des pollutions.