Intelligence artificielle : Google met le paquet

ordinateur quantique

À l’instar d’autres leaders du secteur technologique, Google mise gros sur l’intelligence artificielle. Mercredi, le géant d’internet a dévoilé de nouveaux produits, révélant un champ d’applications toujours plus large pour ce secteur d’innovation.

Google a donné le coup d’envoi de sa conférence annuelle pour les développeurs (I/O) à Mountain View, en Californie, en présentant un nouvel appareil connecté pour la maison, « Google Home », et une application de messagerie, « Allo ». Leur particularité commune ? Être rendus plus « intelligents » grâce à un assistant virtuel (« Google assistant ») capable d’intégrer et de retenir des informations – en d’autres termes, d’apprendre – au fur et à mesure qu’on l’utilise.

Google Home se veut le concurrent direct de Echo, l’appareil qu’Amazon avait lancé fin 2014 capable de répondre à des questions ou de contrôler des objets connectés dans la maison.

Les deux ont vocation à devenir « un centre de contrôle pour toute votre maison », a assuré Mario Queiroz, un vice-président de Google. Précisant que son produit pouvait « jouer de la musique, y compris en simultané dans plusieurs pièces, contrôler des objets connectés pour éteindre ou allumer la lumière… ».

Grâce à l’intégration de Google assistant, il assure qu’on peut même l’interroger sur absolument n’importe quoi: l’assistant virtuel intègre son moteur de recherche, ainsi que des années de développement de technologies d’intelligence artificielle, et peut donc « répondre à des questions difficiles à gérer pour d’autres assistants ».

Pour Patrick Moorhead, analyste chez Moor Insight and Strategy, Google Home « pourrait réduire énormément le potentiel de ventes pour Echo », car la qualité de la technologie d’intelligence virtuelle risque d’avoir un effet déterminant, et « Google gagnera probablement face à Amazon ».

Les mêmes technologies d’intelligence artificielle sont également intégrées à l’application Allo, lui permettant d’aller plus loin que l’échange classique de texte ou de photos des nombreux services déjà sur le marché.

Cela permet de suggérer à l’utilisateur plusieurs réponses possibles pour le dernier message reçu, sur lesquelles il n’y a qu’à taper pour accepter ou pas une invitation à dîner, mais aussi commenter des photos, avec des propositions du genre « miam des palourdes » suite à une image d’un plat avec cet ingrédient.

« Ceci est seulement possible parce que nous avons marié notre force dans la reconnaissance visuelle et dans la compréhension du langage naturel par l’ordinateur », a commenté Erik Kay, un ingénieur de Google.

Plutôt qu’avec un interlocuteur réel, Allo peut aussi permettre de dialoguer avec Google assistant, et dispose en outre d’un mode « incognito » à sécurité renforcée, où les messages sont cryptés ou peuvent se voir fixer une date d’expiration par exemple.

Le patron de Google, Sundar Pichai, s’est enthousiasmé des progrès faits en matière d’intelligence artificielle et d’apprentissage par l’ordinateur, grâce auxquels « des choses qu’on pensait auparavant impossibles pourraient en fait être possibles ».

Il a évoqué des systèmes informatiques capables de reconnaître ce qu’ils « voient » et de s’améliorer au fil du temps utilisés pour détecter des cancers. « C’est encore tôt (…) mais on peut voir les promesses de l’utilisation de machines qui apprennent », a-t-il noté.

Et d’appeler à imaginer « ce que les meilleurs chercheurs sur le changement climatique ou enseignants pourraient faire avec la puissance de l’intelligence artificielle pour les assister ».