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Côte d’Ivoire : menace sur la filière de la noix de cajou

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Alors qu’elle est le premier producteur mondial de noix de cajou (ou anacarde), la Côte d’Ivoire a connu une grande baisse de ses exportations. En cause, la fuite d’une partie de sa production vers les pays voisins.

Avec une récolte de 725 000 tonnes depuis le début de l’année, elle passait devant l’Inde et s’octroyait une place prépondérante, surtout lorsque l’on sait que la production mondiale s’élève à 2,9 millions de tonnes.

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Cependant, « à ce stade, 200.000 tonnes de noix ont été exportées, contre 330.000 tonnes (…) en 2015 à la même période, soit une baisse de 40% », a déploré Malamine Sanogo, le directeur du Conseil coton-anacarde (CCA), qui gère la filière.

Fousséni Adama, un exportateur, explique cette baisse par le poids financier que représentent  les taxes à l’exportation, très élevées en Côte d’Ivoire. Ainsi, les producteurs proches des frontières n’hésitent pas aller vendre leurs récoltes au Ghana, au Mali ou au Burkina Faso.

Le prix d’achat aux paysans fixé en 2016 à 350 francs CFA (0,53 euro) le kilo est « bas » par rapport aux pays voisins, a ajouté un autre paysan pour expliquer la fuite de la production. De plus, la production accuse un retard lié au phénomène climatique « el Nino » mais « pas de quoi menacer la production », a souligné de son côté Augustin Planty, directeur général d’Océan, une société exportatrice, jugeant le prix pratiqué « acceptable ».

Face à ces difficultés, la Côte d’Ivoire a décidé de subventionner la filière pour tenter de faire passer le taux de transformation locale de 5% à 30%, voire 40% dans quelques années.

En 2015, la filière avait réalisé une production record de plus de 702.000 tonnes contre 564.780 tonnes en 2014, résultat d’une réforme garantissant un prix d’achat aux cultivateurs de noix de cajou. Le pays fonctionne de manière similaire dans le domaine du cacao dont il est également le premier producteur mondial.

Le secteur compte 250.000 producteurs regroupés dans une vingtaine de coopératives et emploie 1,5 million de personnes, directement ou indirectement.

La noix de cajou brute est exportée vers l’Inde, le Vietnam et le Brésil qui disposent d’industries de transformation, alors que les principaux consommateurs sont l’Inde (200.000 t), les Etats-Unis (150.000 t), l’Union européenne (110.000 t), la Chine (50.000 t), les Emirats Arabes unis (15.000 t) et l’Australie (15.000 t).

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