La Bourse d’Alger fait appel au privé

A l’occasion de la 8ème édition des débats du Forum des Chefs d’Entreprise, Salaheddine Abdessemed, vice-président du FCE, a reçu Yazid Benmouhoub, Directeur Général de la Bourse d’Alger, à son siège, afin de développer la thématique de la bourse et du financement des entreprises.

Après une explication détaillée du fonctionnement du marché boursier et l’énumération des avantages d’une cotation en bourse, Yazid Benmouhoub appelle les entreprises à sauter le pas et s’introduire en Bourse. Rappelons-le, la Bourse d’Alger compte seulement 4 entreprises cotées, mais sur le marché dédié exclusivement aux petites et moyennes entreprises, créé depuis 2012, aucune d’entre elles n’a encore intégré le marché boursier. Mais, optimiste, il affirme que, à l’heure actuelle, « c’est le moment idéal pour que la Bourse joue un rôle central dans le financement de l’économie».

En effet, au regard du contexte économique actuel, le coût du crédit risque d’enregistrer une nette augmentation afin de rembourser la Banque Centrale… « Or, seulement deux perspectives s’offrent aux personnes qui ont bancarisé leur épargne : l’emprunt ou la bourse », a indiqué Salaheddine Abdessemed. Dans le cas où les taux d’intérêts seraient amenés à augmenter, se financer par l’intermédiaire de la banque ne sera plus avantageux. La bourse pourrait, par conséquent, devenir la solution de repli.

La culture boursière doit être mise à jour

Cependant, un problème propre à l’Algérie persiste, « nous n’avons pas la culture de la Bourse », a soutenu Hassan Khelifati, PDG d’Alliance Assurance. Cette culture de la Bourse peut s’acquérir progressivement si « une décision politique » nous pousse dans cette direction. Pour cela, il faudrait résoudre les trois problèmes auquel le marché boursier algérien est confronté : le marché secondaire, avec une fréquence d’introduction en bourse insuffisante tous les trois ans, la confiance et la liquidité du marché. Mais avant tout, les 10 premières entreprises publiques, comme Sonalgaz ou Sonatrach, devraient intégrer la Bourse pour ensuite provoquer une réaction en chaine et pousser les entreprises et les investisseurs dans les bras de la Bourse d’Alger, a souligné Salaheddine Abdessemed,

« Il faut libérer le système de négociation. Il ne faut pas empêcher les personnes d’acheter et de vendre. », a proposé Lies Kerrar, expert financier et président de la société Humilis. Sans attendre, le PDG d’Alliance Assurance rétorque et garantie qu’«aussi bien les entreprises que les investisseurs n’ont pas l’interdiction d’intervenir sur les marchés. Notre système n’est, certes, pas parfait, mais lorsqu’on est en Bourse on est sur un marché réglementé et organisé. » Il a par ailleurs annoncé le lancement, il y a une quinzaine de jours, d’un appel d’offre international pour un système de cotation qui répond aux normes.

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