Emprunt obligataire : La BADR enregistre 270 millions de Da de souscriptions au premier jour

C’est une prouesse que vient de réaliser la Banque de l’Agriculture et du Développement Rurale (BADR) et précisément l’Agence  d’exploitation local du Boulevard Amirouche qui totalise à elle seule 65 % du chiffre d’affaires de la banque publique. En effet cette agence vient d’enregistrer au premier jour du début de l’opération  effective de l’emprunt obligataire , un montant de 270 millions de Da de souscriptions.

C’est ce que nous a révélé le directeur de l’agence Mr  Boualem  Benatallah, ce dimanche en ajoutant que « L’opération qui a débuté aux premières heures a fait l’objet d’une campagne publicitaire au niveau de toutes les agences de la BADR, nous avons collé des affiches, distribué des prospectus et aménagé un espace pour accueillir les clients intéressés par l’emprunt obligataire en mobilisant un personnel qualifié ».Et de détailler « 17 clients ont souscrit à 5400 obligations nominatives dont 10 clients passagers. Pour les titres au porteur, on dénombre 400 clients ».

Notre interlocuteur poursuit que « cet emprunt est unique et ne vient qu’une fois dans la vie vu le taux d’intérêt qui est accordé de 5 et 5,75% net d’impôt, aucune banque actuellement ne peut le proposer s’agissant de l’épargne ». L’emprunt qui a été lancé officiellement il ya une semaine, Mr Benatallah nous a indiqué que « nous nous sommes attelés à nous préparer dés l’annonce du ministre et avons commencé par contacter nos clients et expliquer les modalités du dispositif  et avons répondu à toutes les questions y afférents ». A la question de savoir si on exige une pièce d’identité pour le porteur, il a rétorqué de façon catégorique « non, les modalités sont claires.

Il y a une obligation  à titre nominatif, c’est-à-dire qui un titre qui laisse apparaitre le nom du propriétaire à l’inverse du titre au porteur, sur lequel le nom du propriétaire n’apparait pas. Aucune pièce d’identité n’est demandé ». Notre interlocuteur nous dira également que « nous sommes en train de négocier avec un souscripteur pour un montant de 1 milliard de Da » en poursuivant que « beaucoup d’entreprises publiques et privées ont émis le souhait d’effectuer des commandes ». Pour lui, « ce n’est que le début car l’opération s’étalera sur six mois et  le ministère décidera de sa clôture mais on peut dire que l’opération démarre bien ».

A la question de savoir quels sont les avantages de l’emprunt obligataire, il rétorquera « la garantie financière de l’Etat, c’est une garantie unique en son genre. Les titres souscrits sont considérés comme l’un des placements les plus sûrs qui rapportent un revenu régulier. En outre, ces titres peuvent être utilisés comme des garanties à tout crédit bancaire. Ils sont rémunérés et exonérés d’impôts. Ce placement est une épargne pour le souscripteur qui permet aussi de diversifier ses investissements. Les titres émis par l’Etat sont sécurisés pour un investisseur car ils ne courent pas le risque de défaut de paiement, ce sont des titres à risque zéro ».

Cafouillage à la BNA : On exige l’identité du porteur !

Lors de notre virée à Alger au premier jour des souscriptions à l’emprunt obligataire, nous avons constaté une certaine nonchalance aussi bien dans les bureaux de poste comme celui de la Grande poste où rien n’indique qu’une opération se déroule à la hauteur de ce qu’attend l’Etat  à travers la mobilisation des personnels dédiés à cette mission. Au niveau de l’agence de la Banque Nationale Algérienne BNA sise à Didouche Mourad, on ne semble pas très ouverts aux médias.

Après avoir discuté avec le directeur de l’agence pour lui expliquer notre présence, ce dernier va nous balloter d’un responsable à un autre sans dénier nous recevoir comme le voudrait les usages ne serait-ce que pour nous renseigner sur l’opération pour laquelle, il a été chargé par sa hiérarchie. Il nous orientera enfin vers le chargé du dossier des souscriptions mais curieusement, alors que nous sommes en plein entretien, il va empêcher son subordonné de s’étaler sur le sujet et va nous  diriger vers la secrétaire, qui se trouvait dans le bureau dont on nous dit qu’il a été réquisitionné pour accueillir les éventuels souscripteurs. La secrétaire va comme même nous dire qu’ « il n y a eu aucun souscripteur de toute la matinée ».

A la question de savoir si des clients étaient venus s’enquérir de l’emprunt obligataire, notre interlocutrice nous a informé que « depuis une semaine, les gens n’arrêtent pas de nous interroger sur les souscriptions, surtout pour les titres au porteur ». A ce sujet, elle nous dira qu’ « un client m’a demandé si j’étais sûre que l’identité du souscripteur est exigé, je lui ai répondu que j’en  étais sûre et que c’est obligatoire ».

Elle nous laissera perplexe car le ministre des finances était clair concernant cette modalité mais il semblerait qu’il  y a un cafouillage au niveau de cette banque publique et on se demande si le personnel est suffisamment qualifié pour suivre l’opération contrairement aux éléments de l’agence de la BADR sus-citée, plus ouverts et plus communicatifs et surtout plus motivés. Notre interlocutrice ne semblait pas habilitée à répondre à nos questions car elle nous renvoyait à chaque fois au directeur qui a préféré s’éclipser.

Qu’est-ce que l’emprunt national pour la croissance économique ?

Un site du ministère des finances  a été créé et actuellement opérationnel consacré à l’emprunt obligatoire qui explique le dispositif où on peut également faire la simulation des titres. Pour rappel, l’emprunt obligataire baptisé emprunt national  pour la croissance économique vise à récolter de l’épargne fraiche qui dort chez les ménages et celle surtout qui circule dans l’informel. Elle permet à ces fonds de passer du circuit informel au circuit bancaire pour être réinvestis dans l’économie moyennant une rémunération annuelle  défiscalisée.

Ce dispositif intervient après la bancarisation des fonds informels à travers l’opération de fiscalité volontaire entamée depuis un an et qui sera clôturée à la fin de l’année en cours. L’emprunt obligataire est un prêt émis par une personne morale (Etat, collectivité publique, entreprises publique ou privée) matérialisant des droits de créances, remboursable à une date et montant fixé à l’avance et qui rapporte une rémunération. Les bons sont émis en la forme nominative ou au porteur. Ils sont fixés pour ceux au revenu de 5% à 3 ans et les seconds d’une durée de 5 ans à 5,75%. Le rendement est payé annuellement à compter de la date d’anniversaire de la souscription du titre. Le capital sera versé en totalité à la date d’échéance.

Les bons sont librement négociables par transaction directe ou endossement par le biais d’intermédiaire habilité. La souscription se fait auprès des services du Trésor Public (Trésorerie Centrale, Trésorerie Principale et Trésoreries de Wilaya), les Recettes d’Algérie Poste ainsi que par toutes les agences bancaires et les succursales de la Banque d’Algérie.

Fatma Haouari