Abdelhak Lamiri, expert international en économie à Algérie-Eco : « Le gel de la production du pétrole constitue une petite avancée mais insuffisante »

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Algérie-Eco : L’Algérie a reçu  une invitation officielle pour participer à la réunion des pays producteurs de pétrole, membres et non membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Doha, prévue le 17 avril. D’abord que pensez-vous de cette réunion?
MLamiri : Cette réunion serait la bienvenue. Si tous les pays producteurs présents feront  des efforts les prix vont s’améliorer. L’Algérie ne perd rien. Elle doit continuer à œuvrer pour réduire l’offre. Personne n’est sur que sera une réussite mais il faut tout essayer.
Ensuite, aura-t-elle un impact sur le marché pétrolier et les prix du pétrole?
Il y a une chance qu’il y aura un impact positif, mais rien n’est sur. Les pays non membres de l’OPEP sont entrain de voir leurs recettes s’effondrer, notamment la Russie. Ils commencent à voir que leur intérêt est de coopérer. L’Arabie Saoudite est entrain de constater que sa stratégie de défense des parts de marché et de refus de réduction de la production ne fonctionne pas. Il faut s’attendre à des changements petit à petit des positions des uns et des autres. Les choses sont entrain de bouger.
Que pensez-vous également de la participation de l’Algérie?
L’Algérie n’a rien à perdre. Toute seule elle ne peut rien faire. Elle peut essayer de convaincre des pays comme la Russie de collaborer mais uniquement politiquement car nous n’avons ni le niveau de production ni le niveau des réserves pour influer sur la décision. Mais nous avons intérêt à essayer de faire tout ce qu’on peut pour que l’OPEP et les non membres collaborent pour éponger le surplus et mettre en place des systèmes de vérification efficaces.
L’Algérie a toujours appelé à la réduction de l’offre alors que la dernière décision de l’Arabie Saoudite, et du Qatar concerne le gel de la production. Quelle est à votre avis la meilleure solution pour stabiliser les prix du pétrole?
La meilleure solution est d’éponger les surplus sur les marchés internationaux donc réduire la production. Le gel de la production constitue une petite avancée. Mais elle est insuffisante par rapport aux développements récents sur les marchés pétroliers. Cependant, il ne faut pas aussi trop réduire la production et augmenter trop les prix car on encouragerait la production de schiste qui va se développer et réduire drastiquement les prix à long terme. Il faut trouver un équilibre, une production qui maintiendrait les prix entre 50 et 65 dollars. Mais ce n’est pas sur que tous les acteurs pétroliers ont la même stratégie. Les pays du Golf ont beaucoup d’investissements dans les pays étrangers, une forte augmentation des prix induirait une baisse de rentabilité de ces investissements; La situation n’est pas simple. Mais l’Algérie doit tout essayer pour faire maintenir les prix autour de 50 à 65 dollars.
Entretien réalisé par Imène A. 

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