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Exportations vers l’Afrique : L’Algérie perd du terrain

Une récente étude « Africa Attractiveness » réalisée par le Cabinet d’Audit et de Conseil « Ernest et Young (EY) » a constaté que beaucoup de pays africains, parmi lesquels l’Algérie (19% de perte) ont beaucoup perdu de leur attractivité au cours de ces dix dernières années, laissant libre champ à des pays plus offensifs comme les USA, la Grande Bretagne, la France, la Chine et l’Inde qui accaparent de plus en plus de parts de marché, les investissements directs y compris.

Bien que soumises à la rude épreuve de la concurrence internationale, les entreprises algériennes font en effet peu d’effort pour trouver des débouchés dans les pays riverains d’Afrique qui apprécient pourtant déjà certains de leurs produits. Il s’agit notamment des pays du Sahel (Niger, Mali, Mauritanie) que les contrebandiers et autres acteurs du commerce informel approvisionnent depuis de très longues années en marchandises de toutes sortes, produites ou importées par les entreprises algériennes.
Dans les boutiques de Niamey et de Bamako, sont en effet commercialisée divers produits agroalimentaires fabriqués par les entreprises algériennes Cévital, SIM, Benamor, Ifri, NCA Rouiba, Condor et autres, qui leur sont parvenus au moyen de la contrebande. L’électroménager, l’électronique, l’habillement et l’outillage algériens y sont également fortement présents et, de surcroît, très appréciés par les clientèles des pays du Sahel. Tout l’enjeu de l’exportation des produits algériens vers ces contrées d’Afrique sahélienne devrait précisément consister à tirer avantage de cette longue familiarisation avec nos produits essentiellement forgées par le troc et la contrebande.  L’Algérie devrait tirer profit de cet avantage considérable pour ériger des courant d’affaires légaux, animés par des entreprises de production et de distribution activant dans la transparence, à charge pour les États concernés de leur offrir les conditions requises pour l’exercice d’un tel commerce.
Il faut en effet savoir qu’en matière d’échanges commerciaux légaux, tout manque à nos frontières. Les réseaux routiers sont défectueux, la sécurité fait cruellement défaut, les postes de douanes sont rares, les banques inexistantes, les stations-service très éloignées les unes des autres, et les zones de dépôt de marchandises destinées à l’exportation introuvables.
Ce n’est pourtant qu’à ces conditions que pourront se développer les courants d’affaires légaux entre l’Algérie et ses voisins africains. Rien de bien sérieux n’est malheureusement entrepris dans ce sens, ce qui laisse présager que les échanges commerciaux continueront à être, pour longtemps encore, l’apanage des contrebandiers et autres acteurs informels.
La chute des recettes d’hydrocarbures va très probablement pousser les pouvoirs publics algériens à prendre à bras-le-corps cet épineux problème des échanges commerciaux avec les pays voisins d’Afrique. L’Algérie a tout à y gagner : des débouchés pour de nombreux produits (agroalimentaire, électroménager, habillement, etc.) qui n’ont de chance de se vendre que dans ces localités d’Afrique, mais aussi, la réalisation d’infrastructures routières et le fret transsaharien que certaines de nos entreprises maîtrisent parfaitement. Ce n’est qu’à la faveur de la croissance des échanges qu’on pourra construire cette communauté économique africaine à laquelle tous les peuples de la région aspirent.
Le Forum des chefs d’entreprises (FCE) qui voit, à juste raison, de nombreux avantages à tirer de l’essor des courants d’affaires avec les pays d’Afrique, a tout récemment interpellé le gouvernement algérien sur la nécessité de s’impliquer encore davantage dans la mise en place des conditions requises pour le développement du commerce avec les pays du Sahel. La réalisation d’une partie importante de la route transsaharienne n’étant, à l’évidence, qu’un support pour les flux commerciaux, il recommande toute une batterie de mesures à même d’insuffler une forte et irréversible dynamique au commerce avec les pays africains, au premier rang desquels, ceux du Sahel.
N. GRIM
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