Assurance et réassurance en Afrique: Quelle place pour l’Algérie ?

Aucune compagnie algérienne d’Assurance n’est présente en dehors de l’Algérie. La 43 ème assemblée générale d’OAA sera-t-elle, dans le contexte actuel de crise, une opportunité pour l’Algérie en la matière.

 

Marrakech accueille du 08 au 11 mai 2016 la 43ème Assemblée Générale de l’Organisation Africaine des Assurances. Il s’agit d’une des plus grandes rencontres de l’assurance en Afrique. L’événement,  auquel 1000 délégués représentant une soixante de nationalités vont participer, est co-organisé par la Fédération Marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance (FMSAR) et la Société Centrale de Réassurance (SCR). Placée sous le thème : « L’assurance Africaine, entre les défis actuels et émergents », toutes les problématiques liées au secteur y seront abordées.  En effet, au menu, des rencontres B to B et des conférences sur des sujets stratégiques pour l’industrie de l’assurance et de la réassurance en Afrique: « Tendances réglementaires de l’assurance et de la réassurance Africaines », « La vulnérabilité de l’industrie de l’assurance africaine au terrorisme mondial », « L’utilisation du Rating et l’impact de la note souveraine sur l’industrie de l’assurance en 2016 » et « Solutions des principaux défis de l’assurance agricole indicielle en Afrique ».

Lors de cette rencontre, il est attendu que le cap soit mis sur le marché de l’assurance au Maroc qui est considéré, à coté des marchés sud-africain et algérien, comme étant l’un des plus matures et diversifiés en Afrique. En effet, selon les statistiques de 2013 fournies par l’OAA, le marché africain de l’assurance pèse très peu dans le PIB du continent, à savoir 72 milliards de dollars, alors que le PIB global de l’Afrique est de 2513 milliards de dollars. De, plus, ce chiffre se concentre pratiquement dans quatre pays : l’Afrique du Sud qui cumule 80% et l’Algérie, le Maroc et la Tunisie qui concentrent 10% alors que les 10 % restant s’éparpillent sur le reste des pays africains. C’est dire que le marché africain des assurances est quasiment vierge et que, à ce titre, il recèle des potentialités extraordinaires qui peuvent, à condition de trouver le chemin qui y mène, constituer une opportunité d’investissement pour les compagnies algériennes et ce d’autant plus que leurs part dans le marché national s’amenuisent de plus en plus avec la concurrence effrénée qui le caractérise.

Les sociétés algériennes d’Assurance, publiques et privées, sauront-elles faire de l’Assemblée Générale de l’OAA une opportunité pour se déployer en Afrique ? « Cet évènement, organisé sous les auspices de l’OAA, représente une excellente opportunité pour un échange fructueux des idées et des expériences et aussi une occasion propice aux participants pour tisser de nouvelles relations d’affaires et développer celles déjà existantes », a souligné Bachir BADDOU, Directeur général de FMSAR.

La SAA, la CAAT, Alliance Assurance qui représentent des expériences suffisamment florissantes dans le secteur vont-elles se tourner vers l’Afrique comme l’ont déjà fait des entreprises marocaines? En l’occurrence, les compagnies marocaines d’assurance ont entamé leur internationalisation depuis au moins 6 ans. En effet, le Groupe Saham qui a montré la voie en acquérant en 2010 le Groupe Colina présent dans 13 pays africains avant d’accentuer sa présence sur le continent à coup d’acquisitions pour être désormais présent dans 22 pays via 40 filiales. Pour faire face à ce développement rapide, le Groupe a noué des partenariats capitalistiques avec des institutions de renom dont SFI, Abraaj capital et Wendel. Emboîtant le pas à Saham Assurance, Wafa Assurance a entamé son développement à l’international par la Tunisie en créant une filiale spécialisée dans l’assurance Vie : Attijari Assurance. En Afrique subsaharienne, après l’échec de l’acquisition de l’assureur Safa en Côte d’Ivoire, la filiale d’assurance d‘Attijariwafa bank s’est déployé en 2014 au Sénégal en créant deux compagnies -Wafa Assurance Vie S.A et Wafa Assurance S.A- avec l’ambition de devenir un acteur majeur de l’assurance au Sénégal en s’appuyant sur les réseaux de distribution de CBAO et du Crédit du Sénégal, filiales bancaires du Groupe Attijariwafa bank. Pour sa part, RMA Watanya du Groupe FinanceCom a démarré son développement à l’international en signant un partenariat avec le Groupe Beneficial Life Insurance Company (BLIC) mettant ainsi les pieds au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Togo. La compagnie envisage de s’implanter dans une quinzaine de pays via des acquisitions ou des opérations de «greenfield» à l’horizon 2020. Ces filiales s’appuieront sur les réseaux de BMCE Bank et sa filiale africaine Bank of Africa. Pour rappel, créée en 1972, l’OAA est reconnue par plusieurs Etats africains. Elle compte quelque 361 membres entre sociétés d’assurances, autorités de contrôle, et associations nationales. Elle œuvre pour la promotion de la coopération interafricaine et le développement de l’assurance et la réassurance en Afrique.

Nadir Allam