Smaïl Lalmas, président de l’ACE (Association Nationale Algérie Conseil Export ) à Algérie-Eco : « Il faut trouver une solution pour les exportateurs non permanents »

changer le régime

Algérie-Eco : Au moment où l’Algérie s’oriente vers une nouvelle stratégie économique pour pallier le déficit engendré par la baisse des cours du pétrole, en optant entre autres à promouvoir les exportations hors hydrocarbures, on parle de disparition de plus d’une centaine d’exportateurs en 2015. Quel commentaire faites-vous à ce sujet ?

Mr Lalmas : Il faut savoir que nous avons des exportateurs permanents et d’autres occasionnels. Ces derniers font leur activité pour un certain moment et disparaissent par la suite pour revenir un autre moment. Ce qui fait qu’à chaque fois il y a des disparition d’exportateurs en cas de complication administrative ou autre problème qui peut constituer un obstacle à leur activité.

Donc, malgré les différentes mesures prises par le Gouvernement pour booster le secteur, les obstacles persistent à votre avis ?

Oui absolument. Certes  il y a nécessité de diversification de l’économie nationale pour développer les exportations hors hydrocarbures, et de réguler et de contrôler nos exportations, il y a nécessité de créer un environnement des affaires compétitif pour attirer les IDE, et surtout créer les conditions pour que ces IDE soient profitables, afin de développer notre économie, notamment nos exportations.

Le gouvernement algérien se plaint de sa performance économique, de sa dépendance aux hydrocarbures, mais je pense qu’il ne fait rien pour redresser cette fragilité, il se plaît à organiser quelques actions médiatiques pour la consommation interne, au lieu d’aller vers des solutions concrètes et efficaces malgré tous les moyens dont il dispose. Notre gouvernement persiste dans sa médiocrité et s’entête dans cette détermination.

Il ne faut pas nier aussi, qu’il existe une batterie de mesures d’encouragement et d’incitation à l’export établies par les pouvoirs publics comme une législation favorable, des moyens financiers disponibles, je pense que nous avons normalement tous les ingrédients pour décoller. Lorsque vous avez une stratégie bien réfléchie, un plan et des hommes compétents, pour mettre en œuvre le travail de développement, vous ne pouvez que réussir en fin de parcours.

Cela dit, très souvent, nos opérateurs trouvent beaucoup de lenteurs et de problèmes pour bénéficier des avantages accordés.

Combien y a-t-il actuellement d’exportateurs et quelle solution adopter à votre avis afin de préserver ces derniers ?

On parle actuellement de 400 exportateurs dont seulement 150 qui sont permanents. Il faut donc chercher les vraies raisons qui font que ces exportateurs disparaissent. C’est le rôle des institutions d’accompagnement  du secteur de trouver les réponses à cette question. Il faut faire un diagnostic du secteur pour consolider leur présence et préserver leur activité Il faut également une plus grande coordination des organismes d’appui ; ça ne sert absolument à rien de mettre en place des mesures de facilitation qui soient difficilement accessibles. Il faut combler surtout le manque de communication qui pénalise énormément nos opérateurs et généraliser de façon correcte l’application de ces mesures.

MDI Alger

Propos recueillis par Imène A.

 

Bessa, Résidence la Pinède