Le FCE pourrait lancer l’élaboration d’un « Plan Emergence » cette année

Le forum des chefs d’entreprise a tenu, mercredi dernier à l’hôtel El Aurassi à Alger son assemblée générale ordinaire, une occasion pour le président de l’association, M. Ali Haddad, de présenter les actions menées durant l’année 2015 et d’esquisser le plan d’action pour 2016.

En une année, le FCE a parcouru un long chemin en matière d’organisation comme dans la conduite de son action de plaidoyer pour l’entreprise et pour l’économie nationale. Mais de l’avis de la majorité des membres, il reste, encore, beaucoup à faire pour que l’entreprise privée soit reconnu comme un acteur majeur du développement économique.

Le FCE insiste sur l’ouverture, de manière effective, aux investisseurs privés nationaux, l’ensemble des secteurs d’activité économique qui leur sont aujourd’hui dans les faits fermés. Il est anormal que le privé algérien ne puisse pas créer de banques ou de compagnies aériennes, alors que pour des banques à capitaux étrangers activent en Algérie. Le transport maritime est contrôlé par les étrangers. « La liberté d’investir doit être notre credo. Il faudrait ouvrir aux algériens la possibilité d’investir dans leur pays. C’est la seule façon de faire de notre économie une économie émergente » a plaidé M. Brahim Benabdeslem, vice-président du FCE.

Le président du FCE, M. Ali Haddad s’est félicité de la prise en charge dans le projet de la révision de la constitution du principe de la liberté d’entreprendre et la liberté d’investir pour le secteur privé. Il s’est également félicité que le projet de constitution prévoit expressément la non-discrimination entre le public et le privé.

« Le FCE a toujours milité pour une économie nationale forte, portée par ses entreprises, qu’elles soient publiques ou privées » a-t-il précisé.  » Je ne connais pas un pays au monde qui s’est développé sans cette règle vitale qu’est la liberté d’investir » a constaté M. Benabdeslem, faisant remarquer que même la Chine est devenue une puissance parce qu’elle a libéré les initiatives.

Depuis plusieurs mois le FCE plaide l’urgence d’une nouvelle politique qui fonde le développement de l’économie nationale sur l’entreprise et non plus sur la rente, une politique qui encourage la création de richesses et d’emplois. L’organisation patronale estime qu’une telle politique doit s’attacher à libérer les initiatives, faciliter l’investissement et son financement, ouvrir à l’initiative privée tous les secteurs d’activité économique, réorganiser le foncier industriel, réformer notre système fiscal, réformer nos systèmes de formation professionnelle et d’enseignement supérieur, encourager la recherche scientifique, etc.

Certaines des propositions ont été retenues par le gouvernement. Baisse de la TAP et de l’IBS, mesure relative au foncier industriel, amnistie partielle pour lutter contre l’informel, dépénalisation de l’acte de gestion, ce sont autant d’avancées qui sont à porter à l’actif de l’action du FCE, qui travaille pour construire un consensus, autour d’un véritable « plan national » qui sera le point de départ d’une démarche nouvelle en matière d’entrepreneuriat et d’investissement, pour libérer le formidable potentiel de notre économie et permettre aux algériens de réaliser leur créativité.

Le redéploiement du FCE à l’intérieur du pays et à l’international entre dans cette perspective. Le bureau exécutif du FCE a désigné 78 délégués dans 44 wilayas et il a installé dans leurs bureaux les délégués de 16 wilayas. Pour donner à l’association une assise au niveau international, des représentants qui ont le statut de membres honoraires dans certains pays ont également été installés. D’ores et déjà, 7 membres honoraires ont été installés respectivement à Dubai – Paris – Madrid – New York – Los Angeles – Londres et Berlin.

« Nous visons d’autres pays, notamment au Moyen Orient, en Afrique, en Inde, la Corée du Sud et la Chine » indique le président du FCE qui a évoqué la consolidation, en 2016, du Plaidoyer par des études sur les secteurs jugés essentiels pour la diversification de l’économie nationale.

Trois études sont déjà en cours de conception sur les trois problématiques qui ont toujours constitué la préoccupation du Forum, à savoir : la sécurité alimentaire, la sécurité numérique et la sécurité énergétique. Une quatrième étude sur la privatisation est envisagée. Le Forum pourrait, également, lancer dans le courant de 2016 l’élaboration d’un « Plan Emergence3 ; des discussions ont été engagées à cet effet avec un bureau d’études de renommée mondiale.

MDI Alger

Le FCE, qui regroupe environ 900 chefs d’entreprise avec plus de 1500 entreprises contre 300 en décembre 2014, a créé JIL-FCE pour construire de façon concrète le lien inter-générations et promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes. Lancé en septembre 2015,JIL-FCE compte déjà 182 adhérents.

Bessa, Résidence la Pinède