Angoissés par la crise chinoise, les marchés débutent mal 2016

Les inquiétudes persistantes sur l’économie chinoises ont fortement pesé sur les Bourses internationales, qui ont connu leur pire démarrage depuis au moins vingt ans. Les marchés financiers européens ont terminé vendredi 8 janvier dans le rouge pour afficher sur la semaine leur plus mauvaise performance depuis le mois d’août, période à laquelle les marchés chinois avaient déjà affolé la planète financière.

Le FTSE All Word Index a perdu au total 6,1% au cours de cette première semaine, soit sa pire performance pour les cinq premiers jours d’une année depuis la création de cet indice en 1994, note le Financial Times. En valeur, l’indice a perdu plus de 2.300 milliards de dollars.

Ni la clôture en hausse des marchés actions chinois après la suspension du « coupe-circuit » mis en place par Pékin, ni l’annonce de 292.000 créations d’emploi en décembre aux Etats-Unis, nettement plus qu’attendu, n’ont suffi à enrayer la tendance baissière qui domine depuis lundi. Outre les performances de la deuxième économie mondiale, les prix bas du pétrole continuent d’inquiéter.

Le baril de Brent perd 10%

Le brut a fléchi pour le cinquième jour d’affilée avec un Brent qui accuse une perte de 10% sur la semaine, s’échangeant à 33,33 en fin de séance (-0,42% pour a seule journée de vendredi) après être passé en début de semaine sous la barre symbolique des 35 dollars pour la première fois en 11 ans. L’indice Stoxx européen du pétrole et du gaz affichait d’ailleurs la pire performance sectorielle du jour avec un recul de 3,43%. Royal Dutch Shell a cédé 5,47% et Total 3,75%. Les valeurs liées aux matières premières n’ont guère fait mieux : ArcelorMittal a abandonné 3,15% et le groupe minier BHP Billiton 3,2%.

Les tensions géopolitiques, en particulier entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, n’aident pas les cours du pétrole, puisqu’elles renforcent les divisions au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole qui s’est refusée en décembre à baisser ses niveaux de production.

La pire performance européenne depuis la crise de la dette de 2011

Sur la seule journée de vendredi, le Footsie britannique a cédé 0,7% et le Dax allemand 1,31%, tandis que l’indice EuroStoxx 50 reculait de 1,66%. Le FTSEurofirst 300 a reculé de 1,49% et perd 6,56% sur la semaine, sa pire performance hebdomadaire depuis début août 2011, lorsqu’il avait abandonné près de 10%, au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro. À Paris, le CAC 40 a fini en baisse de 1,59% (-69,82 points) à 4.333,76 points. Sur les cinq premières séances de l’année, la Bourse de Paris s’inscrit en baisse de 6,54%.

Pire semaine de l’histoire pour Wall Street

Même constat outre-Atlantique, où les marchés ont également connu une première semaine catastrophique. Il s’agit de la pire que Wall Street ait connue : le Dow Jones et le S&P-500 ont enregistré respectivement 6,2% et 6% de baisse. L’indice Nasdaq Composite a lui cédé 7,3%. Les marchés américains ont perdu 1.360 milliards de dollars de valeurs en une semaine, écrit le Wall Street Journal.

La journée semblait pourtant bien commencer avec les statistiques du marché du travail américain mais ce fut insuffisant et les pertes de Wall Street se sont accélérées vers la fin de la séance. Au contraire, le dollar a profité régulièrement de cette statistique, ainsi que des mesures prises cette semaine par la Chine pour enrayer la déconfiture de ses marchés. Mais ses gains ont été limités par la crainte que Pékin ne réussisse pas à les redresser.

Accalmie de fin de semaine sur les marchés chinois

Les Bourses chinoises sont quant à elle parvenues à remonter très légèrement la pente. Shanghai engrangeant 1,97% mais terminant la semaine avec un effondrement de près de 10%. La Bourse de Shenzhen a gagné 1,05%, affichant une chute hebdomadaire de plus de 14%.

Cette accalmie intervient alors que la Chine a décidé jeudi soir de suspendre son nouveau système « coupe-circuit » qui a stoppé les échanges lundi et jeudi après le plongeon des indices. Destiné au départ à enrayer la volatilité des marchés d’actions et éviter un effondrement des cours, ce système a au final nourri la panique boursière.

MDI Alger

R.A.E et agences AFP et Reuters

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