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Conséquence d’un pétrole pas cher : Austérité pour les uns, meilleure croissance pour d’autres

 

L’ère du pétrole pas cher est belle et bien là, certains experts prédisent même que cette ère ne fait que commencer au grand dam de bon nombre de pays pétroliers dont l’Algérie.
En effet, l’Algérie à l’instar des pays dépendant de cette manne providentielle comme l’Arabie saoudite, le Venezuela, l’Iran ou Oman, pour ne citer que ceux là, commencent tous l’année 2016 par des mesures d’austérité et restrictions budgétaires sévères qui rendront certainement fragile toute paix sociale dans ces pays là.

A contrario des pays exportateurs de pétrole, ceux qui en importent voient en cette dégringolade des cours de l’or noir une aubaine pour une meilleure croissance. L’exemple du Vietnam qui vient de réaliser sa meilleure croissance en 2015.
Au-delà de l’Algérie, l’Arabie Saoudite, Oman et le Vietnam sont les trois pays qui résument cette nouvelle ère dans l’illustration qui suit.

Arabie Saoudite : jusqu’à 80% de baisse des subventions sur des produits pétroliers

La croissance de l’économie saoudienne va ralentir significativement en 2016 sous l’effet des importants déficits budgétaires engendrés par les prix bas du pétrole, selon un rapport publié mercredi et repris par l’APS. La firme saoudienne Jadwa Investment prévoit une croissance de 1,9% l’an prochain, largement inférieure à celle enregistrée cette année (+3,3%) et en 2014 (+3,5%).

Ce rapport a été publié deux jours après l’annonce par le royaume d’un déficit budgétaire record pour 2015 (98 milliards de dollars) et d’une prévision pessimiste pour l’année prochaine (déficit de 87 milliards de dollars), liés à l’effondrement des cours du brut depuis juin 2014 (environ -60%) indique la même source.

L’Arabie, première économie arabe et premier exportateur mondial de pétrole, a drastiquement baissé cette semaine ses subventions sur des produits pétroliers, jusqu’à 80%, l’électricité et d’autres services, des mesures qui auront un impact douloureux sur une population habituée à l’Etat-providence.

Oman : un déficit budgétaire de 7,9 milliards d’euros

Oman va réduire cette année ses dépenses publiques de 15,6% en raison de la chute des cours du pétrole mais prévoit toujours un énorme déficit budgétaire selon l’APS qui cite le ministre des Finances Darwish al-Balouchi. Le montant des dépenses prévues pour 2016 est de 11,9 milliards de rials (28,3 milliards d’euros) contre 33,7 milliards d’euros en 2015, a indiqué M. Balouchi.

Les recettes du sultanat sont estimées cette année à 8,6 milliards de rials (20,5 milliards d’euros), en baisse de 26% par rapport à 2015, ce qui engendrera un déficit budgétaire de 7,9 milliards d’euros, selon le ministre.
Le sultanat a annoncé mercredi une série de mesures pour diversifier son économie et réduire sa dépendance à l’égard des recettes pétrolières, comme le lui a suggéré le Fonds monétaire international (FMI).

Vientnam : Meilleure croissance économique depuis 5 ans

Le Vietnam a réalisé en 2015 sa meilleure croissance économique des cinq dernières années avec un taux de 6,68%, grâce à des exportations fortes et à une consommation intérieure soutenue.

« Ce taux de croissance est très important pour l’économie vietnamienne pour les années à venir, dans le contexte de la chute des prix du brut et de l’instabilité des marchés financiers internationaux », s’est réjoui le directeur des études statistiques, Nguyen Bich Lam, lors d’une conférence de presse samedi à Hanoï indique la même source.

L’an dernier, le Vietnam, qui affiche l’un des taux de croissance en PIB les plus forts d’Asie du sud-est, avait enregistré une progression de 5,98% contre 5,42% un an auparavant. La chute des cours du pétrole a été un élément très positif pour le Vietnam, grand importateur, tandis que les exportations du pays ont progressé de 8,1% pour atteindre 162 milliards de dollars.

« Une plus forte demande intérieure, une performance robuste des exportations, une faible inflation et une amélioration de la confiance ont permis au Vietnam de créer des bases plus solides pour la croissance à moyen termez », a estimé la directrice de la Banque mondiale au Vietnam, Victoria Kwakwa, dans une note récente.

« Pour le pays, c’est le bon moment pour consolider la stabilité macroéconomique, s’attaquer aux déséquilibres budgétaires et lutter contre les faiblesses du secteur bancaire », a-t-elle ajouté.

M.R

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